La Russie a rejeté jeudi les informations du site Bellingcat présentant l'un des hommes qui aurait empoisonné l'ex-espion Sergueï Skripal en mars en Angleterre comme un colonel du renseignement militaire russe, le Kremlin assurant que « beaucoup de gens se ressemblent ».

Mis à jour le 27 sept. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Beaucoup de gens se ressemblent », a simplement répondu le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interrogé sur la ressemblance entre le suspect identifié par Londres sous le nom de Rouslan Bachirov et le colonel Anatoli Tchepiga, officier du GRU décoré de hautes distinctions selon Bellingcat.

« Je ne sais pas qui est le colonel Tchepiga et pourquoi il a été décoré » de l'Ordre de Héros de la Russie, la plus haute distinction du pays, a précisé Dmitri Peskov aux journalistes. Il a affirmé toutefois que Moscou « va vérifier ces informations et la liste des décorés ».

« Nous ne savons pas à quel point est vraie » l'enquête menée par le site d'investigation britannique a estimé Dmitri Peskov. Il a précisé que le Kremlin maintient que les hommes accusés par Londres d'avoir empoisonné l'ex-espion Skripal sont des civils.

Les autorités britanniques affirment que l'empoisonnement, à l'agent innervant Novitchok, de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia en mars à Salisbury a été perpétré par deux agents du GRU, le renseignement militaire russe.

Selon le site internet Bellingcat, spécialisé dans la collecte et l'analyse d'informations disponibles en ligne, l'un des deux suspects est en réalité le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU.

Le site publie une photo du passeport d'Anatoli Tchepiga datant de 2003, qui ressemble au « Rouslan Bochirov » de la photo diffusée par Londres.

Selon Bellingcat, Tchepiga est né en 1979 à Nikolaïevka, village de l'est de la Russie. Sorti d'une prestigieuse académie militaire de cette région, il aurait ensuite servi au sein des forces spéciales du GRU.

« Il n'y a aucune preuve, donc ils continuent leur campagne sur le front de l'information dont le seul but est de détourner l'attention de la principale question : que s'est-il passé à Salisbury ? », avait réagi jeudi matin sur Facebook la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

« La question demeure : y aura-t-il quelque preuve que ce soit de l'implication de qui que ce soit dans l'empoisonnement à Salisbury, comme le qualifie Londres ? », a-t-elle ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine avait le 12 septembre déclaré que les deux hommes accusés par Londres étaient des « civils » n'ayant rien fait de « criminel ».

Les deux hommes avaient ensuite été interviewés par la chaîne de télévision russe RT, affirmant s'être rendus en touristes à Salisbury, ville du sud-ouest de l'Angleterre où vivait l'ex-agent double empoisonné. Ils avaient démenti être des agents du GRU.