Le parquet ukrainien a requis jeudi, lors d'une audience houleuse, 15 ans de prison contre l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie depuis sa destitution et jugé en son absence de «haute trahison» en Ukraine.

Mis à jour le 16 août 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le réquisitoire étant rendu inaudible par les avocats de la défense s'exprimant en même temps, le Parquet général en a publié le texte dans un communiqué.

«Viktor Ianoukovitch a trahi son peuple, a trahi son armée. Au moment le plus difficile pour son pays et pour ses citoyens», ont déclaré les procureurs.

«Il s'est enfui, en trahissant de manière cynique même ses partisans les plus proches», ont accusé les procureurs, en demandant «de condamner Ianoukovitch Viktor Fiodorovitch à une peine de 15 ans de prison».

M. Ianoukovitch avait fui en février 2014 à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, à la suite de plusieurs semaines de contestation pro-européenne du Maïdan à Kiev, réprimée dans le sang. Il avait été destitué le 22 février 2014 par le Parlement.

Le président russe Vladimir Poutine a par la suite révélé que cette fuite avait été rendue possible grâce à une opération spéciale élaborée à Moscou et destinée à exfiltrer Viktor Ianoukovitch.

Les nouvelles autorités pro-occidentales de Kiev ont exigé à plusieurs reprises l'extradition de M. Ianoukovitch, qu'elles accusent de «haute trahison» et d'avoir «violé l'intégrité territoriale» de l'Ukraine. Son procès se déroule en son absence.

La contestation pro-européenne du Maïdan, qui avait pris forme sur la place centrale de Kiev le 21 novembre 2013, s'était terminée trois mois plus tard après une sanglante répression et la mort d'une centaine de manifestants et d'une vingtaine de policiers dans des affrontements.

L'arrivée des pro-européens au pouvoir a été suivie par l'annexion en mars 2014 de la péninsule de Crimée par la Russie, et par le déclenchement d'un conflit avec des séparatistes prorusses dans l'est du pays qui a fait à ce jour plus de 10 000 morts.