François Hollande, «mufle» et «macho»

«Je fais savoir que j'ai mis fin à... (PHOTO PATRICK KOVARIK, AFP)

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«Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler.» C'est par ce bref communiqué que le président Hollande a annoncé aux Français qu'il mettait un terme à sa relation avec sa conjointe des dernières années.

PHOTO PATRICK KOVARIK, AFP

(Paris) Les journalistes et les politiciens ne parlent que de ça: l'aventure de François Hollande avec une actrice, suivie d'une rupture «brutale» avec sa conjointe. Les escapades nocturnes du président ont aussi soulevé des questions sur sa sécurité. La Presse fait le point.

Disgrâce, licenciement, mufle, macho, brutal. La presse et les politiciens se sont déchaînés contre le président François Hollande, qui a mis fin à sa relation avec sa conjointe, Valérie Trierweiler, en publiant un bref communiqué qui avait des odeurs de répudiation.

C'était au cours du week-end. La télévision jouait la nouvelle en boucle, multipliant les témoignages d'experts qui se penchaient sur les quelques mots présidentiels qui ont servi à «congédier» Valérie Trierweiler et à mettre fin à la saga qui secoue la France depuis que Closer, un magazine à potins, a publié des photos de Hollande sortant de l'édifice où vit sa maîtresse, l'actrice Julie Gayet.

C'est Hollande lui-même qui a appelé la chef du service politique de l'AFP sur son cellulaire samedi pour lui lire son communiqué.

«Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler.»

Ces quelques mots ont enflammé les Français.

Le directeur de recherche de l'Institut d'études politiques de Paris, Daniel Boy, a été surpris par l'attitude «cavalière» de Hollande qui a mis sa conjointe à la porte de L'Élysée. «On est plus proche de la répudiation que de la séparation à l'amiable, dit-il. Hollande a-t-il voulu jouer le rôle du président autoritaire pour répondre aux critiques qui lui reprochent son manque d'autorité? C'était intentionnel ou une simple maladresse?»

Daniel Boy a été soufflé par l'audace du président et son manque de discrétion. «Hollande a été voir sa maîtresse en scooter la nuit. Pouvait-on le joindre quand il était chez Julie Gayet? Un président doit toujours être disponible.»

François Hollande n'a pas la dégaine d'un jeune premier. Nicolas Sarkozy, François Mitterrand et Valérie Giscard d'Estaing non plus, pourtant ces hommes ont plu aux femmes, souligne Boy. «Tous ces présidents, peu importe leur physique, ont été des tombeurs. C'est l'attrait du pouvoir.»

Valéry Giscard d'Estaing sortait la nuit pour rejoindre ses maîtresses. Les journalistes étaient au courant, ces histoires faisaient le tour des salles de rédaction, pourtant tout le monde se taisait.

«Les journalistes n'en parlaient pas parce que ce n'était pas convenable, explique Daniel Boy. Ils n'osaient pas, mais les temps ont changé. La séparation entre la vie publique et la vie privée est de plus en plus ténue avec la présence de tous ces téléphones intelligents qui surveillent de façon permanente les hommes politiques.»

Valérie Trierweiler avait un chauffeur et un cabinet composé de cinq personnes. «On évalue les coûts à 400 000 euros par an, précise M. Boy. Avec cette histoire, on est en train de remettre en question le rôle de la première dame. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de règle claire.»

Trierweiler, la mal-aimée des Français

Valérie Trierweiler est partie en Inde en pleine tourmente, un voyage prévu depuis longtemps.

«Les Français ne l'ont jamais aimée, dit Boy. Elle dégage l'image d'une femme froide et acariâtre, une image qui a été incroyablement exagérée par l'émission Les Guignols, qui a une grande influence en France.»

Et Trierweiler, ex-journaliste politique qui a conservé une chronique culturelle à Paris Match, a gaffé. Pendant les élections législatives de 2012, elle a envoyé un tweet encourageant l'adversaire de Ségolène Royal, l'ex-compagne de François Hollande et mère de ses quatre enfants. Ce tweetgate a nui à Valérie Trierweiler qui a été dépeinte comme une «femme jalouse, une mégère insupportable».

Pendant que les Français se passionnent pour les histoires d'alcôve de leur président, le pays va mal, conclut Boy. «Tout cela est dérisoire, la France a tellement de problèmes. Au lieu de parler des affaires amoureuses de Hollande, on devrait plutôt se demander comment se sortir de ce foutu merdier.»

Un «grave» problème de sécurité

Quand il a vu les photos de François Hollande seul sur son scooter la nuit, sortant discrètement de l'appartement de Julie Gayet, l'ex-patron du GIGN, Phlippe Legorjus, a été scandalisé.

Legorjus a dirigé le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), qui s'occupait de la lutte contre le terrorisme et de la protection du président François Mitterrand, de 1985 à 1989.

Des photos prises par un paparazzi sans que les services de sécurité soient au courant, un président qui file en douce la nuit. Qui est responsable de ces incroyables failles dans la sécurité, se demande Legorjus: le président qui a imposé des limites à sa surveillance ou les services secrets qui n'ont pas eu «l'autorité naturelle et la force morale» d'encadrer les «envies d'indépendance adolescente» de Hollande?

«Le président, dit-il, doit accepter ces contraintes et être conscient des dangers. S'il n'y arrive pas, c'est extrêmement grave. Ça remet en question son jugement. Si François Hollande veut honorer des jeunes femmes, il n'y a pas de problème, mais il faut d'abord organiser sa sécurité.»

Et cette sécurité est impressionnante. «On aurait tout passé au peigne fin: l'édifice de Julie Gayet, ses voisins, les entrées, l'électricité, les téléphones, les façades opposées. Tout, tout, tout. Et on aurait laissé un garde près de l'entrée. Le chef de la sécurité aurait dû dire au président: «Pas de problème pour aller chez Mme Gayet, mais attendez trois jours, le temps de mettre en place un dispositif.» Il ne faut pas se laisser déstabiliser par les envies présidentielles.»

«Aux États-Unis, le président est protégé, qu'il le veuille ou non, poursuit M. Legorjus. En France, c'est plus compliqué. La psychologie du président constitue un élément-clé de l'évaluation des risques. Avec Hollande, il n'y a pas eu un problème technique d'hommes, d'armes ou de véhicules, mais un problème de relation entre lui et les services chargés d'assurer sa sécurité.»

«On ne rigole pas avec la sécurité. On vit dans un monde où la menace est réelle et permanente. Il faut faire extrêmement attention. La sécurité d'un président doit se faire à 100%, 24 heures sur 24.»




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