Le pape François a mis en garde samedi les administrateurs du Vatican sur le fait que leur travail pouvait s'égarer dans le chemin de la médiocrité, du commérage et des querelles bureaucratiques s'ils oublient leur vocation professionnelle au service de l'Église.

Publié le 21 déc. 2013
Nicole Winfield ASSOCIATED PRESS

Le Saint-Père a fait ces commentaires lors de son discours de Noël à la curie, qui forme le gouvernement central du Vatican. Le discours était très attendu étant donné que le pape a été élu en mars avec le mandat de réformer l'administration vieillotte et parfois dysfonctionnelle du Vatican.

Les têtes ont déjà commencé à tomber. La semaine dernière seulement, le pape a remanié la Congrégation pour les évêques, qui régit les nominations des évêques du monde entier. Il a retiré le cardinal ultraconservateur Raymond Burke, une figure clé dans les conflits sociaux américains sur l'avortement et le mariage gai. Il a aussi radié le chef de la conférence des évêques italiens et un autre cardinal conservateur, Mauro Piacenza, qui avait été nommé à la tête du bureau du Vatican responsable des prêtres.

Et d'autres changements attendent encore l'Église. Dans les semaines à venir, le pape François nommera ses premiers cardinaux et présidera en février le troisième sommet de son groupe de huit conseillers cardinaux, qui lui soumettront une première ronde de propositions pour réformer la bureaucratie du Saint-Siège.

François a déjà précisé qu'il voulait une curie plus réceptive aux besoins des évêques des communautés, qui se plaignent depuis longtemps des interventions tardives ou inutiles de Rome. Il souhaite que l'Église soit moins occupée par les questions morales que par l'aide offerte aux gens dans le besoin, peu importe où ils se trouvent.

Dans la salle Clémentine, le pape a remercié les cardinaux, évêques et prêtres pour leur travail, leur diligence et leur créativité. «Il y a des saints dans la curie!», s'est-il exclamé, oubliant un moment son texte.

Mais il leur a aussi rappelé que les responsables du Vatican devaient agir avec professionnalisme et compétence ainsi qu'avec sainteté dans leur vie.