Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a menacé samedi d'expulser deux ambassadeurs étrangers, les blâmant pour une vaste enquête sur une affaire corruption qui vise des gens proches de son gouvernement.

Publié le 21 déc. 2013
Suzan Fraser ASSOCIATED PRESS

Ces accusations surviennent tout juste après que les fils de deux ministres turcs, ainsi que plusieurs autres personnes dont le président-directeur général de la banque d'État Halkbank, Suleyman Aslan, eurent été arrêtés dans le cadre de cette enquête.

Selon l'agence de presse Dogan, 24 suspects en lien avec ce scandale sont incarcérés en l'attente de leur procès.

Les médias turcs rapportent que l'enquête porte sur une affaire de transferts d'argent illicites à l'Iran et de corruption à grande échelle pour des projets de construction.

M. Erdogan soutient que cette enquête est une opération de «dénigrement» visant à ébranler son gouvernement avant des élections partielles au mois de mars, perçues comme un vote de confiance après 10 ans au pouvoir. Son gouvernement s'est toutefois vu déstabilisé l'été dernier par des manifestations contre son règne considéré comme autoritaire.

M. Erdogan se présentera vraisemblablement à nouveau lors des élections générales en août.

«Certains ambassadeurs s'appliquent à provoquer, a-t-il déclaré samedi, dans la ville de Samsun. Tenez-vous-en à vos fonctions. Si vous dépassez vos pouvoirs, ce gouvernement exercera son autorité jusqu'à ses limites. Nous ne sommes pas obligés de vous garder dans ce pays.»

«Sortez de ce pays», a publié en gros titre samedi le journal pro-gouvernemental Yeni Safak, s'adressant vraisemblablement à l'ambassadeur américain Francis Ricciardone.

Bien qu'il n'ait nommé personne, M. Erdogan a endossé les allégations des journaux qui accusent les États-Unis et son ambassadeur d'être derrière l'enquête qui vise quelques alliés politiques, dont des ministres et le maire d'un district d'Istambul considéré comme un bastion de son parti islamiste.

L'ambassade américaine a nié les accusations, les qualifiant de «mensonges et calomnie».

«Personne ne devrait mettre en jeu les relations entre la Turquie et les États-Unis sur des allégations sans fondements», a-t-elle publié en turc sur son compte Twitter.