Les millions de réfugiés dans les pays du sud de la Méditerranée représentent un problème humanitaire, mais aussi une menace pour la sécurité européenne en raison de leur infiltration par des terroristes, a déclaré lundi la ministre italienne des Affaires étrangères.

Mis à jour le 9 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Évoquant le conflit en Syrie, la ministre, Emma Bonino, a estimé que, «comme toutes les grandes crises humanitaires», celle-ci «a des aspects et des conséquences politiques qui peuvent avoir des effets dévastateurs», lors d'une intervention devant la presse à Rome.

«Je ne pense pas seulement à la fragilité de pays limitrophes, comme la Jordanie et le Liban», a-t-elle précisé, mais à la situation dans son ensemble dans la partie nord de l'Afrique.

La crise syrienne vient s'ajouter aux problèmes économiques des pays du Sahel ou à la situation en Somalie, mais aussi «à la Libye, qui aujourd'hui, en l'absence de maîtrise de son territoire, est en train de se transformer en une sorte d'autoroute sans contrôle sur laquelle passe de tout - armes, drogue -», et l'ensemble combiné pose de sérieux problèmes à l'Europe tout entière, a ajouté Mme Bonino.

«En substance, nous avons dans le sud de la Méditerranée des millions de personnes en mouvement entre les déplacés, les réfugiés, les immigrés», a-t-elle également dit.

«De nombreux éléments nous font croire que parmi les enfants et les femmes, il y a également d'autres immigrés moins amicaux, des ex-djihadistes ou des membres d'Al-Qaïda», a précisé la ministre italienne.

«Il est clair que des débarquements sur des côtes sans contrôle représentent un élément impliquant la sécurité de l'Union européenne», a-t-elle souligné.

Évoquant l'opération Mare Nostrum, dans le cadre de laquelle l'Italie a déployé d'importants moyens militaires navals en Méditerranée, face aux côtes libyennes, pour sauver les réfugiés, Mme Bonino a précisé qu'elle représentait également un «filtre» contre les dangers potentiels.

La ministre a conclu que, d'une manière générale, la «priorité absolue» de l'Italie, «qui n'est pas dictée seulement par la géographie», était «la grande Méditerranée».

900 migrants en 24 heures

Neuf cents migrants sans visa qui faisaient route vers l'Italie à bord d'embarcations précaires ont été recueillis en Méditerranée ces dernières vingt-quatre heures, a annoncé lundi soir la Marine militaire italienne.

Un déploiement naval italien, dénommé «Mare Nostrum», a été décrété dans une vaste zone après plusieurs naufrages près de l'île italienne de Lampedusa en octobre.

Les bateaux localisés lundi par des hélicoptères n'avaient aucun dispositif de sécurité à bord et naviguaient dans des conditions précaires quand ils ont été secourus, a indiqué la Marine militaire dans un communiqué.

Une partie des 900 migrants ont été recueillis par une vedette libyenne et un bateau de commerce et ont été conduits dans le port de Tripoli, selon le communiqué.