Des intellectuels européens appellent leurs gouvernements «à faire pression» sur le président russe Vladimir Poutine pour libérer Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina, membres du groupe Pussy Riot, dans un texte publié par les journaux allemand Die Welt et britannique The Guardian.

Publié le 23 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous, intellectuels européens, appelons nos gouvernements et toute l'Europe à mettre fin à leur attitude de tolérance coupable et à faire pression sur le gouvernement de Vladimir Poutine afin qu'il libère immédiatement Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina», déclarent-ils dans cet appel dont l'idée a été lancée par le journal français Philosophie Magazine.

Elisabeth Badinter, Fernando Savater,Pascal Bruckner, Antonio Negri, Richard Sennett, Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, André Glucksmann, Agnès Heller, Axel Honneth, Claude Lanzmann, Edgar Morin, Hartmut Rosa, Bernard Stiegler, Gianni Vattimo, Slavoj Zizek, figurent parmi les intellectuels signataires.

«Il faut voir jusqu'où ça peut aller, mais ces intellectuels sont des gens très déterminés», a déclaré à l'AFP Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef adjoint de Philosophie Magazine.

Cet appel intervient alors que le service pénitentiaire russe a confirmé jeudi que Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, était arrivée en Sibérie où est situé son nouveau camp de travail.

Avant cet appel, l'actrice française Jeanne Moreau avait annoncé qu'elle s'engageait dans la défense du groupe Pussy Riot.

Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina purgent une peine de deux ans de camp pour avoir chanté début 2012 une «prière punk» contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

L'ensemble des recours ont jusqu'à présent été rejetés par la justice russe, les jeunes femmes, toutes deux mères d'un enfant en bas âge, ayant refusé de reconnaître leur culpabilité.