Un tribunal a annulé lundi la suspension des travaux d'aménagement du parc Gezi à Istanbul, à l'origine de la fronde antigouvernementale qui a agité la Turquie en juin, créant des incertitudes sur l'avenir de l'espace vert.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le tribunal administratif régional a annulé en appel la décision prise le 31 mai par la 6e cour administrative d'Istanbul de suspendre les travaux dans l'attente d'un jugement sur le fond concernant l'autorisation donnée au projet par le Haut conseil de protection des biens culturels et naturels, a rapporté l'agence de presse Dogan.

La reprise des travaux était cependant incertaine, une autre cour administrative stambouliote, la 1ère, ayant prononcé en juin dans une procédure séparée l'annulation du plan directeur du projet, au motif que  la population locale n'avait pas été consultée.

«Il n'y aura pas d'implication: Pour construire dans ce secteur il faut un plan directeur et celui-ci a été annulé. Sur le plan du droit, on ne peut pas même planter un clou au parc Gezi», a commenté Me Can Atalay, du collectif d'opposants au projet d'aménagement, cité par le site d'information Bianet.

Le 31 mai, la police turque était violemment intervenue pour évacuer quelques centaines de militants écologistes du parc Gezi qui s'opposaient à l'arrachage de ses 600 arbres dans le cadre d'un projet d'aménagement de la place Taksim, voisine du parc.

Ce projet, défendu par le chef du gouvernement islamo-conservateur et ancien maire d'Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, prévoit la reconstruction d'une ancienne caserne ottomane à la place du parc et la construction de tunnels, aujourd'hui presque achevés, pour rendre la place piétonne.

La violence de cette intervention avait suscité la colère de nombreux Turcs et transformé le mouvement de défense du parc Gezi en vaste contestation politique contre le gouvernement au pouvoir depuis 2002.

Selon des estimations de la police, quelque 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue de près de 80 villes pendant trois semaines pour exiger la démission de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir «islamiser» la société turque.

Les heurts ont fait cinq morts et plus de 8000 blessés, selon l'Union des médecins.

M. Erdogan a annoncé le 14 juin que son gouvernement respecterait la décision finale de la justice dans ce dossier.