Francesco Schettino, le commandant du Concordia, a pris la parole pour la première fois jeudi devant le tribunal de Grosseto pour expliquer ses manoeuvres avant le naufrage du paquebot qui a fait 32 morts en janvier et dont il est considéré comme le principal responsable.

Publié le 18 oct. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Au cours de la projection d'une vidéo réalisée par ses avocats sur la base de données radar, Schettino a expliqué pas à pas les ordres qu'il a donnés avant et après le choc contre le rocher et pourquoi », a déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat un expert qui était présent à la déposition.

Le commandant a obtenu exceptionnellement l'autorisation du tribunal de s'exprimer sur les aspects techniques de l'analyse des données des boîtes noires. Normalement dans cette phase de la procédure judiciaire, à savoir pendant l'incident probatoire et les audiences préliminaires à un procès, seuls les avocats, les experts et le parquet sont autorisés à intervenir.

Selon le site de La Repubblica, Schettino a parlé dans un jargon très technique expliquant toutes les phases qui ont précédé et suivi la collision avec le rocher, revendiquant une manoeuvre après l'accident qui a permis au navire de venir « s'appuyer » sur des récifs de l'île et de sauver ainsi des milliers de vies.

Francesco Schettino est mis en cause pour naufrage, homicides par imprudence et abandon de navire. Dix personnes au total - Schettino, six membres d'équipage et trois dirigeants de Costa - font l'objet d'une enquête pour le naufrage, le 13 janvier dernier, du paquebot de croisière Concordia.

« Désormais, c'est une bataille ouverte entre le commandant et la compagnie » Costa Crociere, propriétaire du Concordia, écrit La Repubblica, rappelant que Francesco Schettino a été licencié en juillet par son ex-employeur.

La défense de Schettino « cherche à mettre en évidence toutes les erreurs » de Costa Crociere et a présenté « une sorte de dossier composé de 200 questions et observations », ajoute le quotidien.

La compagnie en revanche insiste sur la culpabilité du capitaine, estimant qu'elle sort blanchie de cette série d'audiences techniques.