Le rêve de reconquête de Paris, géré depuis 2001 par la gauche, a déclenché une guerre fratricide à droite entre le premier ministre François Fillon et Rachida Dati, l'ancienne ministre icône de la «diversité», qui ambitionnent tous deux le fauteuil de maire de la capitale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le bureau politique de l'UMP, le parti du président Nicolas Sarkozy, a bouleversé son ordre du jour mercredi pour tenter de mettre fin à cette «guéguerre» qui déchire ses rangs entre pro-Fillon et pro-Dati.

«Je sens le sentiment d'exaspération monter chez nous sur ce débat parisien», a déclaré à sa sortie le député-maire de Nice (sud-est) Christian Estrosi, qui a dénoncé «les mauvaises manières que l'on fait au premier ministre».

Député dans le département rural de la Sarthe (ouest), M. Fillon a annoncé son intention de se présenter en 2012 à Paris, dans une circonscription des quartiers chics tout acquise à la droite, un excellent tremplin pour préparer les municipales de 2014.

Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a annoncé qu'il ne se représenterait pas en 2014, faisant naître à droite l'espoir de renverser la tendance politique dans une capitale qui vote de plus en plus à gauche.

La déclaration de candidature de M. Fillon a provoqué la colère de Rachida Dati, maire d'un arrondissement parisien (le VIIe) et députée européenne après avoir incarné l'ouverture à la «diversité» voulue par Nicolas Sarkozy au poste de ministre de la Justice.

Cette fille d'immigrés originaires du Maroc et d'Algérie, âgée de 45 ans, au caractère trempé, et qui n'a pas digéré son éviction du gouvernement en 2009, assure que la circonscription lui a été promise et dénonce le «parachutage» du premier ministre, qu'elle a accusé d'avoir acheté des élus pour être investi candidat.

Estimant avoir acquis une «légitimité de terrain» à Paris, elle s'est dite «choquée» que François Fillon «soit plus préoccupé par son avenir personnel» que par le sort de la France.

Rachida Dati compte des partisans, comme le député UMP Lionnel Luca, qui juge que les «parachutages électoraux sont toujours mal vus par les électeurs».

À l'inverse, la ministre de l'Apprentissage Nadine Morano a estimé mercredi «totalement indécent» le comportement de Mme Dati, «au moment où le président de la République et le premier ministre sont totalement concentrés sur le sommet européen» de Bruxelles.

Le chef de l'UMP Jean-François Copé, dont les relations avec François Fillon sont notoirement fraîches, a assuré vouloir jouer les «Casques bleus» afin «que tout le monde trouve son chemin», parce qu'on «a besoin de tout le monde».