Le Premier ministre conservateur Boïko Borissov a vu son candidat, Rossen Plevneliev, arriver nettement en tête dimanche au 1er tour de l'élection présidentielle en Bulgarie devant le socialiste Ivaïlo Kalfin, tous deux s'affrontant en ballottage le 30 octobre, selon cinq instituts de sondage.

Vessela Sergueva AGENCE FRANCE-PRESSE

Rossen Plevneliev, 47 ans, ancien ministre, populaire en raison de son engagement pour des réformes, sans étiquette mais soutenu par le parti au pouvoir GERB, obtiendrait autour de 40% des voix. Il distancerait de plus de dix points son rival de gauche dans un scrutin test pour la popularité de M. Borissov, alors que l'économie du pays le plus pauvre de l'Union européenne, dont il est membre depuis 2007, reste à la peine.

Pour Boïko Borissov, à mi-mandat, ce scrutin était surtout l'occasion de se rendre compte de l'état d'esprit de la population. Car si le gouvernement est parvenu à maintenir une certaine stabilité macro-économique, cela a été au prix d'une sévère cure d'austérité.

«C'est la première fois de l'histoire» post-communiste de la Bulgarie que «le parti gouvernemental obtient un tel soutien en milieu de mandat», a souligné M. Plevneliev. Pour sa part, Boïko Borissov a qualifié «d'énorme responsabilité» la concentration des pouvoirs dans les mains de son parti.

Les salaires, qui atteignent en moyenne 360 euros par mois, n'ont pas été augmentés depuis deux ans, alors que les prix de l'énergie ne cessent de monter et que le taux de chômage reste élevé, à 9,45% en septembre. La croissance ne devrait pas dépasser les 2,5% en 2011, selon les prévisions officielles, alors qu'avant la crise le pays affichait des hausses de son Produit intérieur brut (PIB) de 5 à 6%.

Et, dans une récente étude, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) s'est montrée encore plus pessimiste, ne misant plus que sur une hausse de 1,6% du PIB cette année.

Le principal concurrent de M. Plevneliev, le socialiste Ivaïlo Kalfin, 47 ans, ancien ministre des Affaires étrangères et député européen, n'a pas réussi à profiter de la crise et devrait se contenter d'un score d'environ 28% des suffrages, loin derrière son rival. Le parti MDL de la minorité turque, constituant 10% de la population, lui a promis son soutien au second tour.

L'ex-commissaire européenne Meglena Kouneva, 54 ans, candidate indépendante, recueillerait autour de 15%.

Une flambée de préjugés anti-Roms, attisée en pleine campagne électorale par deux partis nationalistes à la suite d'un incident dans un village, n'a finalement que peu profité à l'extrême droite, son principal candidat, le chef de file du parti Ataka, Volen Siderov, n'étant crédité par les instituts de sondage que de moins de 4% des suffrages.

Le chef de l'Etat assume un rôle limité d'arbitre en Bulgarie: il est garant de l'unité de la nation et représente le pays dans les relations internationales. Il est commandant en chef suprême de l'armée, nomme les ambassadeurs et a un droit de veto sur les lois. Si toutefois le Parlement revote les textes sans changement, le président est obligé de s'incliner.

Aux élections municipales, le GERB devrait maintenir son assise, selon les sondages. Ainsi, le maire GERB de Sofia, Yordanka Fandakova, serait assurée de sa réélection avec plus de 50% des voix.

En revanche, un bras de fer se dessinait dans les régions à forte minorité musulmane dans le sud du pays, traditionnellement fidèles au parti de la minorité turque MDL.

Par ailleurs, l'UE, le Parlement européen, le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) suivaient de près le phénomène des achats de vote, traditionnels en Bulgarie. Dimanche, dans différentes régions, la police a arrêté plusieurs personnes se prêtant à ces manipulations.