Les députés allemands, majorité et opposition confondues, ont voté jeudi à une large majorité en faveur de la loi qui fait de l'Allemagne la plus grande puissance économique à renoncer jusqu'ici à l'atome.

AGENCE FRANCE-PRESSE

513 députés ont adopté le texte prévoyant que le dernier des 17 réacteurs nucléaires allemands s'éteindra au plus tard le 31 décembre 2022. 79 ont voté contre, 8 se sont abstenus.

Au total huit lois, concernant aussi le développement des réseaux électriques et des énergies renouvelables, étaient soumises au vote jeudi.

«C'est un projet d'unité nationale», a dit le ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen.

Le chef de file de l'opposition social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, a lui aussi salué un jour «historique», tout en égratignant le gouvernement d'Angela Merkel: «Nous soutenons cette décision par conviction, vous seulement par opportunisme».

Les sociaux-démocrates se sont ralliés au projet de Mme Merkel, tout comme les Verts, bien qu'ils perdent là un de leurs principaux chevaux de bataille politique.

«Notre oui aujourd'hui est un oui, mais...», a dit la meneuse des Verts Renate Künast, en se disant «fière et aussi un peu émue de voir ce qu'a réussi un mouvement (antiatome) qui a pendant des années été discriminé voire criminalisé.» Elle a réclamé que le non à l'atome soit inscrit dans la Constitution.

En 2000, à l'époque où ils étaient au pouvoir, les sociaux-démocrates et les Verts avaient déjà décidé l'abandon de l'énergie nucléaire mais leur calendrier avait été abandonné par Mme Merkel, sous la pression du lobby nucléaire et malgré une opinion publique allemande profondément hostile à l'atome civil.

La chancelière conservatrice a ensuite fait volte-face après la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima, et décider d'éteindre au plus vite les réacteurs allemands.

Le Bundesrat (chambre haute) doit examiner les textes de loi la semaine prochaine, ce qui devrait être une formalité.

Le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, a appelé jeudi son pays à «se coordonner» avec les autres pays européens en ce qui concerne la mise à l'arrêt de ses centrales nucléaires, pour éviter une flambée des prix de l'électricité dans toute l'Europe.