Au moins 205 enfants ont été victimes de violences, sexuelles ou non, au cours des dernières décennies dans des institutions allemandes dirigées par les Jésuites, qui étaient souvent au courant, selon un rapport présenté jeudi.

Mis à jour le 27 mai 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Quelque 46 pères jésuites, professeurs laïcs ou éducateurs sont soupçonnés de ces faits, a indiqué lors d'une conférence de presse à Munich Ursula Raue, une avocate chargée par l'ordre de recenser ces affaires.

Douze prêtres, dont six sont décédés, et deux salariés laïcs ont été désignés par plusieurs victimes ou témoins pour des agressions sexuelles, des violences, ou les deux. Les 32 autres «suspects» n'ont été accusés que par une seule personne, a détaillé Mme Raue.

La juriste a ajouté qu'une cinquantaine d'autres cas de maltraitances, hors des établissements jésuites mais pour la très grande majorité dans des institutions catholiques, lui ont été signalés.

La quasi-totalité des faits présumés sont trop anciens pour donner lieux à des poursuites judiciaires, et Mme Raue a estimé qu'une réflexion sur la durée de prescription, actuellement de 10 ou 20 ans, selon la gravité des faits, était peut-être nécessaire.

Elle a également sévèrement critiqué l'attitude de l'ordre des Jésuites, affirmant que dans de nombreux cas les abus étaient connus sans que personne ne réagisse.

L'Allemagne connait depuis le début de l'année une série de scandales liés à des abus dans des institutions scolaires, pour la plupart catholiques mais également protestantes ou laïques.

Tout avait commencé par la révélation, fin janvier, d'agressions systématiques contre des élèves dans un collège jésuite huppé de Berlin, le Canisius-Kolleg, dans les années 1970-1980.

La vague d'affaires dévoilées depuis a incité l'Eglise à confier plusieurs missions de recensements des plaintes à des personnes extérieures ou non.

Le gouvernement allemand a quant à lui lancé une table ronde d'une soixantaine d'experts du secteur de la jeunesse pour réfléchir à la lutte contre les abus sexuels sur mineurs.