La négation de l'Holocauste est intolérable et inacceptable, en particulier pour un prêtre, a déclaré le pape Benoît XVI faisant allusion à l'évêque britannique Richard Williamson alors qu'il recevait une délégation de responsables de la communauté juive américaine.

Mis à jour le 12 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

 

A cette occasion, le souverain pontife a précisé qu'il se préparait à se rendre en Israël. Il a qualifié l'Holocauste de crime contre l'humanité et affirmé que l'Eglise catholique était ôôprofondément et irrévocablement engagée dans le rejet de tout antisémitisme».

Cette délégation de responsables de la communauté juive américaine forte d'une soixantaine de personnes est conduite par le rabbin Arthur Schneier, lui-même rescapé des camps de la mort et qui avait accueilli le souverain pontife dans sa synagogue de New York en avril dernier.

Avant la rencontre de ce jeudi, Schneier avait déclaré qu'il voulait remercier Benoît XVI pour son engagement en faveur de relations fortes entre les juifs et catholiques. Schneier déclare à présent que la polémique autour de l'évêque négationniste porte un coup temporaire aux relations judéo-chrétiennes.

Le Vatican pour sa part a affirmé que Benoît XVI ne savait rien du point de vue de Richard Williamson quand il a levé l'excommunication qui le frappait, lui et trois autres prélats.

Lors d'une interview télévisée, l'évêque lefebvriste Richard Williamson avait notamment déclaré que seulement 200.000 à 300.000 Juifs avaient été tués durant la Deuxième guerre mondiale et qu'aucun d'eux n'avait été gazé.

S'il avait présenté des excuses au pape pour être à l'origine de la controverse, Richard Williamson n'avait pas renié ses déclarations. Il avait affirmé ensuite dans un entretien publié par l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel» qu'il comptait se corriger s'il trouvait des «preuves historiques» de l'Holocauste. Il avait alors jugé que «cela prendra du temps».