Trois vins dégustés récemment qui sont vraiment sortis du lot. Côte à côte avec plusieurs autres vins d’origines et de prix semblables, ils se sont démarqués par leur complexité, leur équilibre, leur excellent rapport qualité-prix. Et bien sûr, plus important que tout, leur succulence !

Véronique Rivest Véronique Rivest
Sommelière, collaboratrice invitée

Très complet à prix raisonnable

Le roditis est à la Grèce ce que le trebbiano est à l’Italie : un de ses cépages les plus cultivés, capable de gros rendements et de vins très ordinaires lorsque cultivé dans des sols fertiles. Au domaine Sclavos, dans l’île de Céphalonie, dans des sols calcaires très maigres à 800 mètres d’altitude, le résultat est complètement différent. Assemblé à d’autres cépages autochtones (tsaoussi, vostilidi, zachyntino, robola, moschatela), il donne un vin bourré de caractère. Des arômes de fumée, de pierre à fusil ouvrent le bal. On décèle un peu de fruit (poire, agrumes), mais surtout plein d’herbes, de garrigue, et une nette impression minérale, saline. Il fait preuve de matière et de volume en bouche, avec beaucoup de fraîcheur. Parfait pour accompagner des poissons ou des fruits de mer grillés, avec huile d’olive, citron, herbes fraîches.

Sclavos Alchymiste Vin de Grèce 2019, 17,15 $ (13503766), 12,5 %.

Garde : 4 à 6 ans.

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Quelle gourmandise !

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Nicolas Grosbois La Cuisine de ma Mère Gaillac 2018

Nicolas Grosbois est vigneron à Chinon. Ses vins produits sous l’étiquette « La Cuisine de ma Mère » sont issus d’achats de raisins, auprès de vignerons aux convictions communes (culture bio et vinifications naturelles). Pour celui-ci, c’est à Gaillac qu’il a cherché son raisin pour élaborer un assemblage de merlot, de syrah, de duras et de braucol. Quelle gourmandise ! Déjà, au nez, plutôt fin, mais hyper appétissant avec ses notes de cerise, de framboise et de pomme rouge qui s’entremêlent à celles de garrigue, d’anis et de terre noire. La bouche est fruitée, fraîche et gouleyante, tout en faisant preuve de tenue et de longueur. Très tonique, avec une pointe un peu sauvage en finale, et de légers tanins, mûrs et fins. À essayer avec des aubergines farcies, des saucisses grillées, un hachis parmentier à l’agneau.

Nicolas Grosbois La Cuisine de ma Mère Gaillac 2018, 19,90 $ (13349800), 14 % Bio.

Garde : 2 à 3 ans.

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Mieux que certains Châteauneuf-du-pape

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Domaine de la Vieille Julienne lieu-dit Clavin Côtes du Rhône 2018

Dans le climat chaud du sud de la vallée du Rhône, avec un cépage capable de beaucoup d’excès, le grenache, Jean-Paul Daumen élabore des vins d’une grande finesse. Pas surprenant, lorsqu’on sait le soin qu’il apporte à la viticulture et aux vinifications. Sur le terroir de Clavin, de très vieilles vignes offrent des vins d’une grande complexité. Le nez, discret d’abord, se développe sur une multitude de nuances : fruits rouges, garrigue, épices orientales, cacao et anis, avec quelques notes sanguines. La texture est superbe, veloutée et aérienne, avec du fruit confit, de la complexité et beaucoup de vitalité. La finale s’étire sur des tanins très fins, fermes, et une sensation caillouteuse. Riche et complet, il offre un meilleur rapport qualité-prix que de nombreux Châteauneuf-du-pape. À savourer lentement avec un magret de canard, des viandes braisées, du gibier.

Domaine de la Vieille Julienne lieu-dit Clavin Côtes du Rhône 2018, 32,50 $ (10919133), 14 % Bio.

Garde : 10 à 12 ans.

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