« Il y a une Journée mondiale du Nutella, pourquoi pas la poutine ? S’il y a un plat de chez nous qui mérite d’avoir sa journée, c’est bien celui-là ! » Amoureux de la poutine depuis son tout jeune âge, Yves Beaudoin multiplie les démarches pour faire du 20 juillet la Journée mondiale de la poutine, tout en réaffirmant les origines de cette invention culinaire québécoise.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Propriétaire jusqu’à tout récemment d’une auberge dans les Bois-Francs, l’entrepreneur qui a aussi été cuisinier, traiteur et restaurateur a été forcé de fermer en avril ses portes à cause de la COVID. Qu’à cela tienne, cela lui a permis de consacrer son temps au rayonnement international de la poutine. « Je viens de Warwick, j’allais en manger avec ma grand-mère chez le Lutin qui rit, l’endroit même où a été inventée la poutine, nous a-t-il indiqué. Il y a bien sûr quelques événements qui célèbrent la poutine comme la Semaine de la poutine ou les différents PoutineFest, mais ça reste ponctuel, il n’y a rien qui reste en tant que tel. C’est pourquoi j’ai pensé à créer la Journée mondiale de la poutine. »

À la suite d’une initiative commerciale ontarienne, il existe une journée nationale de la poutine depuis le 11 avril 2011, mais l’événement a eu très peu, sinon aucune résonnance. Yves Beaudoin a donc voulu rectifier le tir, il s’est informé auprès des administrateurs du site français journée-mondiale.com, qui répertorient les journées mondiales de toutes les sortes, qu’elles soient officiellement reconnues par l’ONU ou l’UNESCO ou à l’origine d’initiatives populaires diverses. C’est ainsi qu’il a choisi le 20 juillet, une belle date estivale qui ne sera partagée qu’avec la Journée internationale du jeu d’échecs, qui a tout récemment obtenu son « statut » officiel.

Pour faire de son entreprise un succès, Yves Beaudoin a convaincu plusieurs restaurants ici et à l’étranger de souligner l’événement ce lundi, les fromageries Lemaire, Saint-Guillaume et Tradition figurent parmi celles qui ont accepté d’être dans le coup, il y a même un lobbyiste à l’Assemblée nationale qui entend travailler auprès des parlementaires québécois pour en arriver à une reconnaissance officielle de la Journée mondiale de la poutine.

En appui à ses démarches, l’entrepreneur de 51 ans a mis sur pied le site Poutine Spots, qu’il entend établir comme la référence pour connaître les meilleurs endroits où manger de la poutine. « Je veux aller plus loin que simplement goûter la poutine, plusieurs l’ont déjà fait de belle façon, nous a-t-il expliqué. Je veux plutôt évaluer l’accueil, le service, l’expérience générale, les aliments et le type d’huile utilisés, les garnitures proposées, la propreté des lieux, l’accès au stationnement. Je veux ainsi établir des standards élevés pour ainsi attribuer une certification aux restaurants visités. On veut devenir le guide Michelin de la poutine ! »

Yves Beaudoin est convaincu que son initiative arrive à point. « La poutine est rendue dans une autre dimension que la simple association frite-fromage-sauce brune, a-t-il affirmé. Il y a des chefs qui l’ont développée et améliorée, c’est devenu comme un mets reconnu qui n’a plus rien de banal, c’est plus gastronomique. Certains restaurants proposent même plusieurs choix de fromages, de frites, de protéines et de sauces. Tu peux maintenant construire ta poutine comme tu la veux. Pour ma part, je vais donc continuer de pousser la charrette, advienne que pourra ! »