Alors qu'il prévoit que le Canada recevra «encore une fois un prix fossile» à la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Varsovie, le gouvernement péquiste y cherchera des alliés pour son marché du carbone.

Paul Journet LA PRESSE

«Il y a beaucoup de nouveaux joueurs qui tendent l'oreille», dit le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet. Il arrivera en Pologne cette fin de semaine. Il ne veut pas donner plus détails pour protéger la confidentialité des échanges.

Québec a officiellement lancé un marché du carbone cette année avec la Californie. D'autres États américains ou provinces canadiennes pourraient s'y joindre.

Ce système plafonne les émissions de gaz à effet de serre (GES) et pénalise les pollueurs. M. Blanchet croit que cela lui permettra de réduire les émissions du Québec en 2020 de 25% sous le niveau de 1990. Environ 85% des émissions y seront assujetties.

Mais d'autres moyens devront être développés pour atteindre cette cible ambitieuse. Le ministre a annoncé vendredi la création d'un comité pour trouver ces moyens. Il est composé de 16 membres des milieux scientifiques, environnementalistes et économiques, comme Équiterre, la CSN, le Conseil patronal de l'environnement et la chaire de recherche Mobilité de la Polytechnique.

Le gouvernement a déjà repris le plan d'action 2013-2020 du précédent gouvernement libéral. Il veut maintenant le bonifier. En plus des politiques déjà annoncées pour électrifier les transports et «verdir» les manufactures, d'autres mesures pourraient être proposées. «Je veux un échange d'idées franc avec ce comité. Je n'ai pas peur d'être brassé», assure le ministre Blanchet.

On y vérifiera aussi l'efficacité des mesures déjà proposées et la reddition de comptes. L'année dernière, le commissaire au développement durable révélait que le plan d'action du gouvernement libéral avait donné des réductions 10 fois moins grandes que prévu.

Greenpeace et Nature Québec, dont aucun membre ne participe au comité, préviennent que le gouvernement péquiste ne doit pas essayer «d'acheter du temps». M. Blanchet devait initialement présenter son plan le printemps dernier, rappelle-t-on.

En attendant, Québec table sur le vieux plan libéral, qui n'identifiait que le tiers des mesures nécessaires, ajoute Patrick Bonin de Greenpeace.

Il exhorte M. Blanchet à rendre public le dernier inventaire des émissions et bilan annuel du plan d'action contre les changements climatiques, en plus des détails sur les sommes engagées dans le Plan vert.