Avec une forte vague de COVID-19 due au variant Delta et déjà 95 cas du variant Omicron, la Santé publique de Montréal prévient qu’il faudra probablement revoir ses plans pour Noël dans la métropole. Elle dit néanmoins tout mettre en œuvre pour y « freiner et retarder » la progression du virus.

Mis à jour le 15 déc. 2021
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« La situation nous bouscule, nous déstabilise et va nous demander beaucoup d’agilité. Il est possible qu’on doive collectivement revoir les plans qu’on avait en tête pour les Fêtes », a reconnu la directrice régionale de santé publique, la Dre Mylène Drouin, en conférence de presse mercredi.

D’ici Noël, il faudra à tout prix « éviter les partys de fin d’année », implore-t-elle. « Rendu à Noël, on verra ce qui se passe avec les consignes, mais si ça se maintient, […], ma recommandation c’est de réduire les contacts ». Son groupe appelle ainsi les Montréalais à « ne pas multiplier les bulles » d’un jour à l’autre.

La Santé publique soutient que l’objectif principal sera de « freiner et retarder le moment où le variant Omicron va prendre la place du variant Delta ». « On veut éviter que la vague soit trop rapide, trop haute. Il faut éviter des évènements de superpropagation. On sait que le traçage et nos approches suppressives, ça ne sera pas suffisant. Il faut s’attendre à ce qu’il y ait des mesures populationnelles pour diminuer l’impact de cette vague-là », a encore insisté la Dre Drouin.

On sait que le variant Omicron risque de prendre assez rapidement la place du variant Delta.

Mylène Drouin, directrice de santé publique de Montréal

Les 95 cas du variant Omicron qui ont pour l’instant été détectés à Montréal risquent toutefois d’augmenter, leur nombre doublant aux trois jours présentement. D’ici la fin de la semaine, la Santé publique espère « être en mesure de situer et comprendre la place que prend Omicron » par rapport au variant Delta. Deux écoles primaires, deux universités, un service de garde et une équipe sportive ont déjà au moins un cas d’Omicron entre leurs murs.

Hausses répandues à tous les âges

Actuellement, entre 9000 et 1000 personnes se font dépister à Montréal. Les taux de positivité continuent d’ailleurs de progresser, ayant passé de 5 à 8 % en une semaine. « On voit des hausses maintenant dans tous les groupes d’âge. Et c’est amplifié par les éclosions en milieu scolaire », affirme la Dre Drouin.

Les territoires les plus touchés de Montréal se situent dans le nord, le nord-est et le centre-ouest de l’île. Ce sont surtout les jeunes qui contractent le virus. L’âge médian des cas positifs est de 32 ans, et la moitié des infections sont acquises pendant un voyage, principalement en provenance des États-Unis.

Se montrant empathique, la Dre Drouin a également insisté sur le fait que personne « ne souhaitait être ici, deux semaines avant Noël ». « Hier, on avait plus de 844 cas, par rapport à la veille. C’est une hausse importante. Et on s’attend à ce que cette augmentation se poursuive aujourd’hui et dans les prochains jours », a-t-elle souligné à ce sujet.

De son côté, la présidente et directrice générale du CIUSSS-Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Sonia Bélanger, a avoué que le réseau de la santé montréalais est « sous tension ». « On se prépare malheureusement à une hausse importante d’hospitalisations », a-t-elle dit. Pour montrer l’exemple, son groupe a demandé à son personnel « d’éviter les rassemblements ». « Nous avons aussi décidé d’annuler toutes nos activités du temps des Fêtes dans les établissements de santé. On a demandé de renforcer le télétravail dans les secteurs où c’est possible », a assuré Mme Bélanger.

Les urgences montréalaises sont de plus en plus sollicitées avec des taux d’occupation qui varient de 127 % à 150 %. « Pour ne prendre aucun risque, les mesures de prévention ont été rehaussées », a assuré Mme Bélanger, qui est aussi comme responsable du centre de commandement de la COVID-19 à Montréal.

Québec hésite, Ottawa déconseille les voyages

À Québec, le premier ministre François Legault a indiqué mercredi qu’il ne ferme dorénavant plus la porte à une révision des consignes sanitaires pour les Fêtes, si les projections au chapitre des hospitalisations devaient s’assombrir. Il a prévenu qu’il « ne faut rien exclure pour les prochains jours », devant la forte hausse du nombre de cas de COVID-19 et la menace du variant Omicron. Mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait demandé aux employeurs de privilégier le télétravail jusqu’à nouvel ordre.

Au niveau provincial, le Québec est officiellement repassé mercredi au-dessus du seuil symbolique des 300 hospitalisations, alors que la forte tendance à la hausse de la COVID-19 s’est poursuivie avec 2386 nouveaux cas et quatre décès supplémentaires. Le gouvernement Trudeau, lui, recommande maintenant aux Canadiens d’éviter tout voyage non essentiel à l’étranger. Le gouvernement veut éviter qu’une résurgence de cas de COVID-19 ne surcharge le système de santé un peu partout au pays.