(Ottawa) Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, entend agir pour qu’à compter de la fin de 2022 ou au plus tard au début de 2023, les concessionnaires d’automobiles au Canada soient tenus de vendre un certain nombre de véhicules électriques.

Publié le 10 déc. 2021
Mia Rabson La Presse Canadienne

Des quotas en ce sens existent déjà au Québec depuis 2018 ; la Colombie-Britannique a suivi l’année dernière.

Le transport routier compte pour environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada. Pour atteindre en 2050 son objectif d’émissions zéro, l’élimination des rejets de dioxyde de carbone par les automobiles sera une étape importante pour le pays. Le gouvernement vise qu’en 2030, la moitié des véhicules vendus n’émettent pas de GES et que cette proportion soit de 100 % en 2035.

Lors des deux dernières années, les Canadiens ont acheté davantage de véhicules électriques que lors des huit années précédentes combinées, mais à peine 3 % des achats étaient pour des véhicules entièrement électriques ou hybrides branchables. Le ministre Guilbeault avoue que l’objectif de 50 % en 2030 est très ambitieux.

Cet automne, il a lancé des consultations sur les façons de parvenir à ses objectifs.

PHOTO PATRICK DOYLE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Steven Guilbeault

L’année dernière, les trois quarts des nouveaux véhicules électriques vendus au Canada l’ont été au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario. À l’extérieur du Québec et de la Colombie-Britannique, l’attente pour en obtenir un peut être de six mois, un délai aggravé par la récente pénurie mondiale de semiconducteurs.

Jusqu’à il y a un an et demi, le Québec et la Colombie-Britannique étaient les seules provinces canadiennes qui offraient aux consommateurs une subvention sur l’achat d’une voiture électrique. Au cours des 18 derniers mois, les quatre provinces de l’Atlantique de même que le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont fait de même.

Le ministre Guilbeault affirme que les initiatives du Québec et de la Colombie-Britannique ont contribué à la disponibilité des véhicules électriques, aux choix de modèles et d’options, à l’autonomie des batteries et à une baisse des prix.

Selon Steven Guilbeault, si le Canada n’agit pas rapidement pour promouvoir la vente de véhicules sans émissions de GES, il ne bénéficiera pas des retombées économiques qui y sont liées.

Le Canada traîne déjà de l’arrière face à d’autres pays industrialisés dans la vente d’automobiles électriques. La proportion est de 75 % en Norvège, 13,5 % en Allemagne, 11,3 % en France et au Royaume-Uni et de 5,7 % en Chine ; elle ne s’élève qu’à 3,5 % au Canada.

La plupart de ces pays ont augmenté les subventions à l’achat de voitures électriques.