Si vous avez suivi le moindrement les actualités au courant des dernières semaines, vous savez sans doute que l’industrie automobile fait face à une pénurie sans précédent de semi-conducteurs. Des chaînes d’assemblage complètes sont au ralenti ou carrément arrêtées, ce qui dégarnit les stationnements des concessionnaires. Alors que le passage vers le tout-électrique s’orchestre, le défi de l’approvisionnement deviendra de plus en plus prononcé.

Charles René
Charles René La Presse

D’après une étude récente de la firme anglaise d’IDTechEx, les véhicules électriques demandent 2,3 fois plus de semi-conducteurs dans leur construction que ceux à moteurs thermiques. Dans le contexte actuel, c’est peu négligeable. On affirme que l’électrification, concept qui englobe toutes les formes d’hybrides et d’électriques, nécessitera des investissements de 7,4 milliards US pour assurer la production supplémentaire de semi-conducteurs. Les microcontrôleurs sont particulièrement touchés par cette rareté, étirant le « délai d’approvisionnement à 44 semaines » dans certains cas, précise-t-on.

Hyundai veut rapatrier la production

C’est dans ce contexte que le géant sud-coréen Hyundai a déclaré la semaine dernière vouloir rapatrier la production des puces électroniques pour stabiliser son approvisionnement. « Cela nécessitera d’importants investissements, mais nous travaillons là-dessus », a indiqué le directeur mondial de l’exploitation du constructeur, Jose Munoz, à Reuters.

Comme le souligne IDTechEx, le fait que 60 % de la production des semi-conducteurs soit concentrée entre les mains d’un seul fournisseur (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) exacerbe cette crise qui dure depuis des mois. La demande en matériel électronique, qui a grimpé durant la pandémie, l’explique également.

Un cadre supérieur de Ford en Europe, Gunnar Herrmann, a déclaré en septembre que cette crise pourrait perdurer jusqu’en 2024, tout en précisant qu’il était difficile de prédire le moment précis de sa fin. Il faudra donc prendre son mal en patience et sans doute accepter de faire des concessions sur les délais d’attente, voire sur les caractéristiques du véhicule convoité.