Les véhicules électriques ne requièrent aucun entretien. Nuance : ils en demandent (beaucoup) moins.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Lors de l’achat de sa Chevrolet Bolt, Jean-Sébastien Genest a reçu l’assurance de son représentant qu’il n’aurait jamais besoin de remplacer les plaquettes et les disques de son véhicule. « Un nettoyage annuel suffira » à maintenir ces composants en bon état. Après 45 000 km, le conseiller technique de son concessionnaire l’avise que les freins de son véhicule sont « pourris, car trop peu sollicités ». Le simple fait d’utiliser les freins une ou deux fois par jour aurait permis de les conserver plus longtemps.

Donc, au-delà du coût de la recharge, rouler en silence et sans émissions pèse également moins lourd sur le budget des ménages en matière d’entretien. Terry Grant, directeur du service à la clientèle chez BMW Laval, estime que les factures d’entretien d’un véhicule électrique (VE) sont de 30 % inférieures à celles d’une voiture à moteur à combustion interne équivalent.

Dépenses différentes

En effet, les dépenses liées à l’utilisation d’un VE se révèlent très différentes de celles d’une voiture à motorisation classique : le prix d’achat est plus élevé, mais l’usage est beaucoup plus économique. Cela s’explique : pas de vidange d’huile, pas de système d’échappement, pas de bougies, la liste est longue.

En revanche, un VE comporte aussi une direction, des éléments suspenseurs, des roues, des pneus, des freins, comme une auto à moteur thermique. Et ces composants demandent des entretiens, voire des remplacements.

D’autant plus que les VE, plus lourds, taxent parfois plus durement la suspension. Une observation formulée par d’autres techniciens interrogés par La Presse. Ceux-là s’accordent pour dire que cette critique touche principalement des véhicules qui n’ont pas été conçus originalement pour recevoir un propulseur électrique, comme les défuntes Ford Focus Electric et Volkswagen e-Golf.

Et les pneus ?

Quant à la dégradation accélérée des pneumatiques – autre critique souvent entendue –, elle est attribuable au poids du véhicule, mais surtout à un usage immodéré de l’accélération intempestive dont est capable un véhicule électrique. Conduit normalement, celui-ci ne détruit pas ses semelles de caoutchouc, mais exige cependant de permuter les pneus selon les directives du constructeur. Quant aux freins, leur durée de vie varie en fonction de plusieurs paramètres. Leur longévité tient (comme sur un véhicule thermique) à la qualité des matériaux qui le composent. Il faut en faire usage quotidiennement, et ne pas compter exclusivement sur le dispositif de régénération pour immobiliser la voiture.

Concernant le propulseur électrique, il ne requiert en effet aucun entretien, si ce n’est une vidange très occasionnelle de son système de refroidissement. Que des inspections à effectuer et des diagnostics pour s’assurer de son bon fonctionnement. Ces vérifications exigent des équipements spécialisés, des techniciens qualifiés et des mesures de sécurité additionnelles. Voilà qui explique le taux horaire parfois plus élevé (une dizaine de dollars l’heure en moyenne à la suite de nos visites dans des ateliers de la grande région métropolitaine) facturé lorsqu’il s’agit d’un véhicule électrique.