(New York) La société d’investissement Hindenburg Research, qui avait publié un rapport accablant pour la start-up de véhicules verts Nikola en septembre, s’est attaqué vendredi à une autre société du secteur, Lordstown Motors.  

Agence France-Presse

Le titre de l’entreprise, qui développe un camionnette électrique, avait chuté de près de 17 % à la clôture à la Bourse de New York, avant de se reprendre un peu dans les échanges électroniques d’après-Bourse (+1,89 %).

Selon Hindenburg Research, qui a parié sur une baisse de l’action de Lordstown, l’entreprise « n’a pas de chiffre d’affaires et pas de produits vendables, et a, pensons-nous, induit les investisseurs en erreur sur la demande et ses capacités de production ».

Les 100 000 précommandes revendiquées par l’entreprise sont « largement fictives » et « sont utilisées comme appât pour lever des capitaux et apporter une certaine légitimité » à Lordstown, affirme Hindenburg dans son rapport.

« Nous enverrons une déclaration complète et approfondie dans les jours à venir, et nous réfuterons complètement le rapport de Hindenburg », a commenté Lordstown dans une déclaration transmise à l’AFP vendredi.

Hindenburg avait fait un coup d’éclat quand elle avait publié un autre rapport, sur la start-up développant des camions électriques et à hydrogène Nikola.  

Elle l’avait accusé d’être une « fraude complexe » reposant sur les multiples mensonges de son fondateur, Trevor Milton, et d’avoir « induit ses partenaires en erreur […] en prétendant faussement disposer d’importantes technologies ».

Ce rapport a conduit au départ de M. Milton et à une révision en profondeur d’un partenariat signé peu avant sa publication avec le vénérable constructeur General Motors (GM).

Nikola a reconnu fin février que certaines déclarations sur les avancées du groupe étaient bien « inexactes ».

Lordstown est arrivé à Wall Street en octobre via une SPAC, cet instrument financier très en vogue qui permet à une entreprise d’entrer en Bourse en fusionnant avec une autre société sans activité commerciale, mais déjà présente sur la place financière.

Cela lui a permis de récupérer 675 millions de dollars.  

La société est basée à Lordstown, dans l’Ohio (nord des États-Unis), où elle a récupéré une ancienne usine de GM. Elle indiquait fin janvier vouloir lancer la production de sa camionnette, baptisé Endurance, dans le courant de l’année.

GM a investi 75 millions de dollars dans Lordstown, une somme incluant la vente des bâtiments. Le groupe n’a pas souhaité faire de commentaires vendredi sur le rapport d’Hindenburg.