Du haut de son mètre soixante-quatre, Nick Heidfeld ne fait, cette saison, pas trop d'ombre à ses compatriotes Nico Rosberg et Michael Schumacher, en matière de popularité dans les paddocks de F1. Le pilote de réserve de Mercedes GP ne s'en plaint pas, à tout le moins pas publiquement.

Éric LeFrançois, collaboration spéciale LA PRESSE

«Mon rôle est de soutenir Michael et Nico cette année en plus d'aider Mercedes GP a mettre au point un nouveau simulateur de conduite destiné aux pilotes et aux ingénieurs de notre écurie.»

 

Son discours aussi logique que convenu traduit mal le coup d'arrêt que pourrait représenter ce statut de troisième pilote dans sa carrière. Lui qui n'a encore jamais grimpé sur la plus haute marche du podium souhaite, comme son ancien coéquipier Jacques Villeneuve, obtenir une autre chance.

 

«Au cours de ma carrière, j'ai gagné pas mal de choses, mais il me reste à boucler la boucle au sommet de la compétition», ajoute le pilote de 33 ans.

 

À moins que le cou de Michael Schumacher ne lui offre un retour inespéré en cours de saison, Nick Heidfeld a déjà les yeux tournés sur la prochaine saison. Avec Mercedes? «Désolé, je ne peux révéler les termes de mon contrat actuel», dit-il sur un ton défensif. Plus tard, au cours de l'entrevue, il laissera sous-entendre qu'il compte revenir en F1 avec ou sans Mercedes. La marque à l'étoile ne s'opposera nullement à son retour, si le pilote allemand se voit offrir un volant par une écurie concurrente.

 

Cantonner à un statut de pilote de réserve, Nick Heidfeld apporte ses connaissances techniques à la mise au point d'un simulateur de conduite - autrement plus performant qu'une PlayStation -, son image pour des activités de promotion, et ses conseils à l'intention des automobilistes tentés de reproduire dans la rue les prouesses qu'exécutent les seigneurs de la F1. «N'y pensez même pas, rigole celui que l'on surnommait il n'y a pas si longtemps Quick Nick. C'est un univers complètement différent. À titre d'exemple, au début de ma carrière, lorsque je pilotais une Formule Ford de 140 chevaux (NDLR: une monoplace), je collais cinq secondes au tour aux Porsche les plus affûtées. Maintenant, essayez d'imaginer une F1. Tout se déroule plus vite. Elle accélère beaucoup plus fort, colle à la chaussée comme une sangsue et s'immobilise très rapidement. Rien de comparable, je vous assure.»

 

 

Et la F1 est plus sûre. Sur les voies publiques, on trouve de tout, des automobilistes peu expérimentés, insouciants ou inconscients, des routes parfois mal entretenues et une signalisation souvent déficiente. «Je trouve cela beaucoup plus difficile de modifier ma façon de conduire sur les voies publiques que sur un circuit de F1.»

 

Les consoles de jeux? «Idéal pour apprendre un circuit, mais c'est tout. Mais sachez que si vous êtes excellent sur une console de jeux, cela ne fait pas de vous un pilote de F1 en devenir.» Il faut aussi être en très bonne condition physique, «sans quoi vous serez incapable de boucler un tour».

 

Un dernier conseil? «Allez donc faire du kart le week-end prochain.»

 

SAISISSANT!

 

Pour voir l'écart de performance entre une F1 et une voiture de tourisme, nous vous suggérons d'aller visionner cette vidéo tournée il y a quelques années. Saisissant !

 

TRIPLÉ D'AUDI AUX 24 HEURES

 

Aux 24 heures du Mans, la semaine dernière, Audi a complètement monopolisé le podium en s'emparant des trois premières places. C'est le quatrième triplé d'Audi aux 24 Heures du Mans, après ceux des années 2000, 2002 et 2004, mais le premier pour des Audi à moteur diesel, les R10 n'ayant jamais réussi un tel résultat d'ensemble. Les Peugeot officielles, pourtant plus rapides, sont tombées les unes après les autres: trois en raison d'un moteur cassé et l'autre pour une rupture de la suspension avant. Mais il y a pire encore: Jaguar. La marque anglaise était revenue au Mans pour fêter son 75e anniversaire. Elle n'a fait que 4 petits tours...

 

OUPS!

 

Carlos Ghosn, à la fois président de Renault et de Nissan et grand promoteur de la voiture électrique, a sans doute sursauté en lisant l'interview accordée par son prédécesseur, Louis Schweitzer, à L'Expansion: «Le problème de la voiture électrique, c'est qu'elle a un fil à la patte. Or, conceptuellement, la voiture est un objet de liberté, donc un objet polyvalent. Si l'on doit s'arrêter tous les 160 km pour changer de batterie, (...) ça pose problème.»

Photo fournie par Mercedes GP

Nick Heidfeld, en entrevue avec Éric LeFrançois, a expliqué qu'il n'y avait "rien de comparable" entre une F1 et une voiture de tourisme.