La moto a beau être un loisir, elle est pratiquée dans un cadre réglementé, dans un environnement où dominent les véhicules à quatre roues. Mais il est aussi possible de s'évader en pleine nature. Et c'est tout à fait légal.

Bertrand Gahel, collaboration spéciale LA PRESSE

Dans d'autres circonstances, s'aventurer à moto sur les pentes de ski du mont Saint-Bruno aurait inévitablement provoqué un échange avec les forces policières... Mais dans le cadre de cette chronique, nous avons répondu à l'invitation de la Fédération québécoise des motos hors route (FQMHR).

Assistée par Moto Trail Aventure et par RidAventure.ca, la Fédération avait en effet réservé une portion de piste dans le but de laisser les journalistes présents non seulement goûter à l'expérience de pilotage hors route, mais aussi, symboliquement, de le faire dans un environnement normalement interdit aux véhicules.

Un buffet étonnamment varié de montures double usage et une aventure proposée par BMW, KTM, Suzuki, Triumph, Yamaha et même Moto Guzzi étaient d'ailleurs au menu afin de permettre aux pilotes invités de goûter à toutes les facettes de la conduite sur sentier non asphalté.

Le but de l'exercice consistait simplement à rappeler et à promouvoir les joies du pilotage hors route. Mais cette journée d'essai comportait aussi un volet informatif dont les détails pourraient être précieux pour un grand nombre d'amateurs de motos. Plus particulièrement pour les propriétaires, ou futurs propriétaires de motos de type double usage et aventure.

Tous les amateurs savent que les modèles de ce genre ont l'unique qualité de permettre à leur pilote de quitter les routes pavées afin d'explorer les chemins de terre ou de gravier. Mais relativement peu de motocyclistes savent qu'une moto peut également circuler sur des sentiers qui, il y a quelques années à peine, étaient encore exclusivement réservés aux VTT. Précisions.

Premièrement, ce ne sont pas toutes les motos qui sont admises dans ces sentiers, mais plutôt celles possédant une plaque d'immatriculation et dotées de phares avant et arrière. En fait, seuls les modèles de compétition (comme les motocross) qui sont conçus pour rouler en circuit fermé sont exclus. L'éventail de modèles admissibles demeure donc assez large, puisqu'il va des modèles de type enduro de faible cylindrée (moto hors route avec phares avant et arrière) jusqu'aux immenses montures d'aventure comme la BMW R1200GS ou la nouvelle Triumph Explorer, deux motos dont la cylindrée est de 1200 cc. Une assurance responsabilité civile, un rétroviseur et un système d'échappement figurent parmi les autres conditions requises pour pouvoir légalement s'engager sur un sentier.

Deuxièmement, ce ne sont que 4000 des 12 000 km de sentiers du Québec où circulent les VTT en été qui sont ouverts aux motos. Cela couvre quand même les régions des Laurentides, de Lanaudière, de la Mauricie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La FQMHR propose une carte où sont indiqués les sentiers permis aux motos. Un droit d'accès de 100$ est exigé avant de pouvoir s'engager sur les sentiers québécois. Il s'agit d'une vignette pouvant être achetée dans les clubs de quads ou dans les établissements affiliés.

Contrairement aux VTT, les motos routières ont néanmoins la capacité de suivre des itinéraires comportant un mélange de sentiers et de routes publiques. Un voyage pourrait donc comporter des routes non pavées et de sentiers, puis un arrêt dans un hôtel au centre-ville de Québec!

La FQMHR jouant le rôle d'intermédiaire entre les propriétaires de motos et le gouvernement, il est suggéré aux intéressés de se rendre sur son site internet afin de se familiariser davantage avec toutes les conditions qui permettront aux amateurs de découvrir une autre facette du motocyclisme.

Des sites comme le forum RidAventure.ca constituent d'autres sources d'information.

Bertrand Gahel est l'auteur du Guide de la moto.