(Willow Springs, Californie) Avec la 718 Cayman GT4 RS, Porsche revisite son passé et prouve que la passion de l’automobile n’est pas morte.

Publié le 15 juin
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Machine à remonter le temps

La 911 ? Porsche et ses disciples n’ont d’yeux que pour elle. Voilà sans doute pourquoi elle n’a jamais été sérieusement inquiétée par une autre sportive de la maison de Stuttgart. Pas cette fois. En accolant la signature RS (RennSport) à la 718, le constructeur germanique fait renaître une appellation qui, bien avant la 911, allait asseoir sa réputation en sport automobile.

Quand on parle de transferts depuis le monde de la course, il s’agit surtout de méthodologie de travail et de matériaux (voilà pourquoi ces bolides coûtent si cher).

Dans le sillage de la course automobile, les créateurs ont affublé la GT4 RS d’appendices aérodynamiques sérieusement étudiés et élégamment intégrés pour augmenter l’appui vertical (pour l’adhérence) et la traînée (vitesse de pointe). Comme sur une véritable voiture de course, aussi bien les diffuseurs à l’avant que l’aileron à l’arrière sont entièrement ajustables pour atteindre l’équilibre recherché en fonction du parcours. Et les possibilités de réglages ne s’arrêtent pas là. On peut également modifier l’angle de carrossage et le pincement des suspensions. Vous êtes pilote et bon metteur au point, n’est-ce pas ?

  • Criblée de petites et de grandes ouvertures, la carrosserie de la Porsche 718 Cayman GT4 RS favorise aussi bien l’écoulement de l’air que le refroidissement de la mécanique.

    PHOTO FOURNIE PAR PORSCHE

    Criblée de petites et de grandes ouvertures, la carrosserie de la Porsche 718 Cayman GT4 RS favorise aussi bien l’écoulement de l’air que le refroidissement de la mécanique.

  • La boîte manuelle n’est hélas pas offerte dans la Porsche 718 Cayman GT4 RS.

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    La boîte manuelle n’est hélas pas offerte dans la Porsche 718 Cayman GT4 RS.

  • Les sept rapports s’enchaînent à un rythme soutenu, on découvre avec incrédulité que l’aiguille du compte-tours effleure, sans même faillir, les 9000 tours.

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    Les sept rapports s’enchaînent à un rythme soutenu, on découvre avec incrédulité que l’aiguille du compte-tours effleure, sans même faillir, les 9000 tours.

  • Comme sur une véritable voiture de course, aussi bien les diffuseurs à l’avant que l’aileron à l’arrière sont entièrement ajustables.

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    Comme sur une véritable voiture de course, aussi bien les diffuseurs à l’avant que l’aileron à l’arrière sont entièrement ajustables.

  • Le châssis, du genre viril, communique ses moindres réactions, ce qui contribue d’ailleurs à le rendre passionnant à maîtriser.

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    Le châssis, du genre viril, communique ses moindres réactions, ce qui contribue d’ailleurs à le rendre passionnant à maîtriser.

  • Les créateurs ont affublé la GT4 RS d’appendices aérodynamiques sérieusement étudiés et élégamment intégrés pour augmenter l’appui vertical (pour l’adhérence) et la traînée (vitesse de pointe).

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    Les créateurs ont affublé la GT4 RS d’appendices aérodynamiques sérieusement étudiés et élégamment intégrés pour augmenter l’appui vertical (pour l’adhérence) et la traînée (vitesse de pointe).

  • Les motoristes ont dû apporter plusieurs modifications pour loger la mécanique dans la partie centrale de la 718 Cayman GT4 RS.

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    Les motoristes ont dû apporter plusieurs modifications pour loger la mécanique dans la partie centrale de la 718 Cayman GT4 RS.

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Criblée de petites et de grandes ouvertures, la carrosserie favorise aussi bien l’écoulement de l’air que le refroidissement de la mécanique. Cette dernière sur papier apparaît en tout point identique à celle de la 911 GT3. Ce n’est pas tout à fait vrai. Les motoristes ont dû apporter plusieurs modifications pour la loger dans la partie centrale de la 718 Cayman GT4 RS. Il a fallu revoir le positionnement de plusieurs accessoires, dont la tuyauterie et la pompe du système de carter à sec. Au bout du compte, on retrouve un léger déficit de puissance par rapport à une 911 GT3 en raison du profilage des échappements.

Concert pour deux

Dès la mise en route, en effet, on sent vivre ce biplace dans tous ses membres. Le moteur gronde. Ajoutez les remous d’air et le bruit de roulement des pneus, et vous voici au cœur d’un orchestre qui n’éprouve aucun complexe à se faire entendre ! Le châssis, du genre viril, communique ses moindres réactions, ce qui contribue d’ailleurs à le rendre passionnant à maîtriser.

Impressions confirmées par la confrontation en piste, où il nous a été possible d’en faire l’essai. Parce qu’elle engendre un appui aérodynamique important, la GT4 RS est une voiture de course à « dimension humaine », dont la conduite révèle de fortes mais contrôlables sensations, et se trouve à la portée d’un pilote amateur bien entraîné. Pour plus de frissons encore, Porsche propose l’ensemble Weissach et de coûteuses jantes en magnésium pour réduire le poids non suspendu. Celles-ci ont un impact certain sur la tenue de route, procurent une plus grande sensibilité au volant et autorisent des changements de trajectoire plus radicaux.

Agile, dotée d’une étonnante motricité et d’une direction rapide et précise, la GT4 RS révèle son formidable potentiel en quelques virages. Au fil des tours, la confiance s’installe et le plaisir qu’elle procure ne cesse de s’intensifier au fur et à mesure qu’on apprend à exploiter les dons hors du commun qu’elle nous communique. Elle ne demande qu’à vous laisser vous régaler.

Pas de surprise... heureusement

D’ailleurs, sa principale qualité tient peut-être justement au fait qu’elle ne vous surprend jamais. Impeccablement équilibré, dépourvu d’inertie, le châssis se montre d’une stabilité exemplaire dans toutes les phases de la conduite, y compris les plus critiques. Inutile d’invoquer le freinage, très performant, surtout si celui-ci se compose des freins carbone-céramique (une option).

Pour éviter les grosses bêtises et prévenir le pilote qu’il risque de franchir les limites du raisonnable, une batterie d’équipements électroniques permet de corriger le tir en cas de petite erreur de pilotage.

Cela dit, il faut prendre soin de calmer ses ardeurs lorsqu’on évolue sur revêtement humide, surtout avec les Michelin Pilot Cup 2 R qui la chaussent. Ils sont de véritables savonnettes sous la pluie. Si, au contraire, la voie est libre, sèche et bien chaude, la cavalerie de cette Porsche peut monter à l’assaut.

Les sept rapports s’enchaînent à un rythme soutenu, on découvre avec incrédulité que l’aiguille du compte-tours effleure, sans même faillir, les 9000 tours. On se calme. Heureusement, il n’est pas nécessaire de se transformer en danger public pour apprécier la poussée de sa mécanique, à la fois majestueuse et ébouriffante. En soi, son inimitable acoustique métallique est déjà un délice... sur de courtes distances.

Mais la 718 Cayman GT4 RS n’a pas que des qualités. Ses suspensions, montées sur des articulations rigides, consentent un débattement trop faible, surtout si le parcours se trouve réduit à l’état de ruines, comme dans les rues de Montréal. Et que dire de son carénage avant qui, malgré la présence de vérins pour le soulever, nécessite d’aborder les dos d’âne en diagonale avec extrême prudence, au risque de tout arracher. Il suffit d’adapter son style de pilotage.

Les frais d’hébergement liés à ce reportage ont été payés par Porsche Canada.

Consultez le site de Porsche Canada

Porsche 718 Cayman GT4 RS

Prix de détail suggéré

175 200 $

Visible dans les concessions

Été

Consommation

12,3 L/100 km

On aime

Vélocité du moteur
Agilité diabolique
Direction télépathique

On aime moins

Plusieurs compromis pour l’utiliser au quotidien
Nécessite des poches bien creuses
Boîte manuelle hélas absente

Notre verdict

Seule la plaque d’immatriculation rappelle qu’il s’agit d’un véhicule de série.

Fiche technique

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Porsche 718 Cayman GT4 RS

Moteur

  • H6 DACT 4 L atmosphérique
  • Puissance : 493 ch à 8400 tr/min
  • Couple : 331 lb-pi à 6750 tr/min

Performances

  • Poids : 1464 kg
  • Accélération (0-100 km/h) : 3,4 s
  • Vitesse de pointe : 315 km/h

Boîte de vitesses

  • De série : automatique à 7 rapports à double embrayage
  • Optionnelle : aucune
  • Mode d’entraînement : propulsion

Pneus

  • 245/35ZR20 – 295/30ZR20

Capacité du réservoir et essence recommandée

  • 64 L
  • Super

Dimensions

  • Empattement : 2484 mm
  • Longueur : 4455 mm
  • Hauteur : 1267 mm
  • Largeur : 1821 mm (rétroviseurs extérieurs exclus)

Retour en F1

PHOTO FOURNIE PAR PORSCHE

Le pilote Dan Gurney

Gagner le dimanche, pour mieux vendre le lundi. Voilà la motivation qui pousse, depuis sa création, l’industrie automobile à s’engager en course automobile. Sur le circuit Gilles-Villeneuve, le week-end prochain, cinq constructeurs chercheront à établir cette corrélation entre la Formule 1 et les véhicules de production qu’ils nous destinent. Et, assurément, Porsche fera de même en 2026, année de son retour au sein de la discipline reine où elle fit, en tant que constructeur, un passage éclair lors de la saison 1962 avec le pilote américain Dan Gurney (notre photo).

La chasse aux kilos

ILLUSTRATION FOURNIE PAR PORSCHE

La 718 Cayman GT4 RS a été allégée de 32,6 kg.

« Le poids, voilà l’ennemi. » Cette citation prononcée par Émile Mathis en 1932, mais attribuée à tort à Colin Chapman, était sans doute inscrite en toutes lettres au sommet du cahier des charges de la 718 Cayman GT4 RS. Pour réduire sa masse, les concepteurs ont opté pour des baquets en fibre de carbone (- 13 kg), mais aussi une lunette en polycarbonate plutôt qu’en verre (- 1,7 kg). Pour finir, ce biplace a été allégé de 32,6 kg, et on offre la possibilité (en option) de lui faire perdre 26,9 kg supplémentaires.

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La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Acura Integra, BMW i4, Honda HR-V, Porsche Cayman, Subaru WRX et Toyota 86. Si vous possédez l’un de ces véhicules ou en attendez la livraison, nous aimerions bien vous lire.