(Paris) Toyota a annoncé jeudi qu’il se tenait « prêt » à vendre 100 % de véhicules « zéro émission » (électriques ou à hydrogène) à partir de 2035 en Europe de l’Ouest.

Publié le 2 déc. 2021
Agence France-Presse

Le premier constructeur mondial ne s’était pas joint à l’engagement de la COP26 de Glasgow : une trentaine de pays et quelques constructeurs automobiles (Ford, Mercedes, General Motors, Volvo) s’y engageaient à « travailler » pour faire en sorte que toutes les voitures neuves vendues soient zéro émission d’ici 2040, et d’ici 2035 sur les principaux marchés.

Toyota a annoncé jeudi qu’il se tiendrait « prêt à réduire de 100 % les émissions de CO2 de tous ses véhicules neufs d’ici à 2035 en Europe de l’Ouest », en conformité avec les propositions de la Commission européenne d’interdire les moteurs à combustion cette même année.  

Les ventes « zéro émission » monteront en puissance « sous réserve de la mise en place, d’ici là, d’infrastructures suffisantes de recharge électrique et de ravitaillement en hydrogène, ainsi que de l’augmentation nécessaire des capacités en énergies renouvelables », a précisé Matt Harrison, président du constructeur en Europe.

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Le prototype électriqueToyota Rhombus Concept exposé au Salon de l’auto de Los Angeles, en Californie, le 17 novembre 2021. Ce véhicule aurait comme clientèle cible les consommateurs nés après 1990, selon un communiqué de Toyota.

Pionnier des hybrides avec son modèle Prius, et toujours leader mondial de ce segment avec deux millions d’hybrides vendus en 2020, le constructeur japonais a longtemps freiné sur les voitures 100 % électriques.  

« Très dépendant » de cette expertise dans l’hybride, Toyota a reçu la plus mauvaise note (ex-aequo avec Stellantis) dans un récent rapport de Greenpeace évaluant les efforts et engagements environnementaux des dix premiers constructeurs automobiles mondiaux.

Alors que la plupart des constructeurs ont déjà étoffé leur gamme électrique, le groupe espère démarrer la commercialisation du bZ4X, son premier VUS 100 % électrique, à compter de mi-2022 dans le monde entier.

En septembre, il a annoncé qu’il allait investir l’équivalent de plus de 11 milliards d’euros dans le développement de batteries d’ici 2030 pour véhicules électriques et hybrides. Il compte aussi lancer 15 modèles 100 % électriques d’ici 2025.

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Des modèles électriques montrés par Toyota au Salon de l’auto de Los Angeles à Los Angeles, Californie, le 17 novembre 2021.

Le succès commercial est pourtant là, porté par les hybrides : le groupe compte améliorer en 2021 son record de ventes européen avec une part de marché de 6,3 %, soit plus d’un million de véhicules. Pour 2022, le groupe compte vendre environ 1,3 million de véhicules, soit 6,5 % du marché. Avec une flopée de nouveaux modèles d’ici 2025, sa marque premium Lexus vise à quasiment doubler ses ventes, à 130 000 unités.

Le directeur scientifique de Toyota, Gill Pratt, a souligné jeudi que, pour réduire au maximum les émissions nettes de carbone à l’échelle planétaire, « il faudra recourir à nos différents types de véhicules électrifiés — hybrides autorechargeables, hybrides rechargeables, électriques à batterie et à pile à combustible ».  

Le groupe, qui est un des seuls à miser sur l’hydrogène (la pile à combustible) pour les véhicules particuliers, va lancer début 2022 à Bruxelles la production d’une deuxième génération de modules de pile à combustible, plus compacts et plus légers.