Pour survivre, tous les constructeurs sont condamnés à viser le cœur du marché, c’est-à-dire le segment très disputé des utilitaires. Sans s’écarter des proportions habituelles des utilitaires intermédiaires, le Sorento peut accueillir jusqu’à sept personnes, réparties sur trois rangées de sièges, pour se démarquer dans un marché notoirement encombré.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Utilitaire honorablement connu, le Sorento n’a pas démérité. Il n’a pas non plus enthousiasmé les foules. Plutôt du genre traditionnel, les acheteurs de cette catégorie de véhicules attendaient sans doute autre chose.

Or, sur ce plan, le Sorento a souffert d’être trop centriste, contrairement au Hyundai Santa Fe, son alter ego au sein du groupe automobile sud-coréen, qui lui a souvent volé la vedette. Cette nouvelle mouture était donc priée de se faire davantage remarquer.

Physiquement, le Sorento s’est musclé. Alors que ses devanciers s’alanguissaient avec des lignes trop molles, la quatrième génération du Sorento se veut plus dynamique, sans devenir pour autant une nouvelle référence dans la catégorie.

Son style reste assez impersonnel à l’avant. En revanche, vu de l’arrière, c’est plutôt réussi avec ses feux carmin ressemblant à des coups de griffe.

Le hayon arrière s’ouvre sur un gigantesque espace couvert de moquette, sous laquelle on découvre un pratique casier intégré. Ce volume s’agrandit encore si l’on bascule les dossiers. Puisqu’il est question des dossiers, précisons que les déclinaisons les plus abordables financièrement (LX et LX Premium) comptent une banquette coulissante pleine largeur dans la rangée médiane. Une configuration beaucoup plus polyvalente que celle des livrées plus coûteuses qui adoptent des sièges individuels à l’avant et au centre.

  • Ce nouveau Kia Sorento ne grandit que de quelques millimètres et adopte un châssis similaire (nom de code N3) qui est commun à la K5, mais aussi aux Hyundai Sonata et Santa Fe.

    PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

    Ce nouveau Kia Sorento ne grandit que de quelques millimètres et adopte un châssis similaire (nom de code N3) qui est commun à la K5, mais aussi aux Hyundai Sonata et Santa Fe.

  • Le Sorento offre une position de conduite agréable, une visibilité presque irréprochable, une bonne modularité des fauteuils individuels.

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    Le Sorento offre une position de conduite agréable, une visibilité presque irréprochable, une bonne modularité des fauteuils individuels.

  • Les livrées plus coûteuses adoptent des sièges individuels à l’avant et au centre.

    PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

    Les livrées plus coûteuses adoptent des sièges individuels à l’avant et au centre.

  • Le hayon arrière s’ouvre sur un gigantesque espace couvert de moquette, sous laquelle on découvre un pratique casier intégré.

    PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

    Le hayon arrière s’ouvre sur un gigantesque espace couvert de moquette, sous laquelle on découvre un pratique casier intégré.

  • Au Canada, le distributeur de la marque ne commercialise que des Sorento munis d’un mode d’entraînement à quatre roues motrices, alors qu’aux États-Unis, il existe aussi des versions tractées.

    PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

    Au Canada, le distributeur de la marque ne commercialise que des Sorento munis d’un mode d’entraînement à quatre roues motrices, alors qu’aux États-Unis, il existe aussi des versions tractées.

  • Le V6 disparu, le choix s’effectuera désormais entre un moteur de 2,5 litres atmosphérique ou turbocompressé.

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    Le V6 disparu, le choix s’effectuera désormais entre un moteur de 2,5 litres atmosphérique ou turbocompressé.

  • Les petits enfants s’amuseront sans doute des contorsions nécessaires pour accéder aux places à l'arrière mieux adaptées à leur morphologie.

    PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

    Les petits enfants s’amuseront sans doute des contorsions nécessaires pour accéder aux places à l'arrière mieux adaptées à leur morphologie.

  • Des adultes se trouveront quelque peu à l'étroit dans ces places.

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    Des adultes se trouveront quelque peu à l'étroit dans ces places.

  • Vu de l’arrière, le style est plutôt réussi avec les feux carmin ressemblant à des coups de griffe.

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    Vu de l’arrière, le style est plutôt réussi avec les feux carmin ressemblant à des coups de griffe.

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Cela dit, ce Kia prend soin de ses occupants, pour peu que ceux-ci refusent de se faire assigner les deux places situées à l’arrière du véhicule. Celles-ci forcent à voyager le menton appuyé sur les genoux. Les petits enfants ne trouveront rien à redire et s’amuseront sans doute des contorsions nécessaires pour accéder à ces places mieux adaptées à leur morphologie. Qu’à cela ne tienne, voilà l’un des atouts de ce Sorento, qui reflète l’exigence – pas toujours très rationnelle – de polyvalence recherchée par les consommateurs. En gros, ils veulent pouvoir tout faire – transporter des bagages, des objets, des passagers supplémentaires – même s’ils n’auront jamais, ou très rarement, besoin de faire tout cela.

Le Sorento offre une position de conduite agréable, une visibilité presque irréprochable, une bonne modularité des fauteuils individuels, tous très bien taillés, et une instrumentation claire, lisible et paramétrable. Le Sorento soigne particulièrement sa présentation intérieure, sobre et de bon goût. Les revêtements adoptent des plastiques moussés. Seuls les consommateurs qui jetteront leur dévolu (et leurs dollars) sur les déclinaisons EX+ et SX pourront bénéficier d’un vaste toit panoramique en verre qui permet de faire largement pénétrer la lumière à l’intérieur de l’habitacle, pour le plus grand plaisir des passagers.

Sans histoire

Ce nouveau Kia ne grandit que de quelques millimètres et adopte un châssis similaire (nom de code N3) qui est commun à la K5, mais aussi aux Hyundai Sonata et Santa Fe. On en attend un toucher de route supérieur et une rigidité améliorée.

Conçu comme une berline avec sa plateforme monocoque et ses roues indépendantes, le Sorento n’a pas été motorisé au rabais. Le V6 disparu, le choix s’effectuera désormais entre un moteur de 2,5 litres atmosphérique ou turbocompressé. Ce dernier apparaît comme le mieux adapté à la nature « familiale » de ce véhicule. Non seulement il a plus de souffle pour l’entraîner, mais aussi plus de muscle pour tracter. À ce sujet, l’écart entre ces deux mécaniques n’est pas négligeable (800 kg).

Les différences ne s’arrêtent pas là. La version suralimentée du 2,5 litres retient à son usage exclusif une boîte automatique à double embrayage. Celle-ci contribue assurément à la vélocité de l’accélération et des reprises, mais cette boîte nécessite tout de même un entretien plus suivi et plus coûteux qu’une boîte dite traditionnelle (comme celle qu’on retrouve sur la version atmosphérique de ce même 2,5 litres). De plus, certains consommateurs pourraient s’irriter de ses réactions parfois plus sèches, tantôt plus hésitantes, à faible vitesse. Quant à la consommation, l’écart entre ces deux motorisations à essence se fait surtout sentir en milieu urbain.

Sur route, le Sorento apparaît moins pataud qu’on aurait pu le redouter. La direction à assistance électrique, alerte et précise, couplée à un train avant pas pesant pour un sou, rend la conduite sûre, sympathique, mais pas inoubliable pour autant.

Au Canada, le distributeur de la marque ne commercialise que des Sorento munis d’un mode d’entraînement à quatre roues motrices, alors qu’aux États-Unis, il existe aussi des versions tractées.

La présence de quatre roues motrices répond à des impératifs de sécurité. Il ne s’agit pas de grimper aux arbres ni même de sortir des sentiers battus – à moins d’opter pour la déclinaison X-Line à la garde au sol surélevée –, mais d’être assuré de pouvoir rallier la station de sports d’hiver. Sophistiqué, ce rouage intégral répartit automatiquement et par voie électronique l’effort de traction selon le degré d’adhérence. Le Sorento vire plat, freine court, braque bien et se révèle relativement confortable pour un véhicule chaussé de roues de 20 pouces.

Dénué d’aspérités et parfaitement consensuel, le Sorento coche toutes les bonnes cases pour se retrouver sur la liste des meilleurs achats potentiels. Un véhicule un peu conformiste, mais dont on serait bien en peine de dire beaucoup de mal.

Consultez le site de Kia Canada

Marque/modèle : Kia Sorento
Fourchette de prix : De 33 995 $ à 47 495 $ (exclut la déclinaison hybride)
Déclinaison à l’essai : SX
Visible dans les concessions : Maintenant

On aime

Présentation soignée
Moteur turbo vif
Version hybride prometteuse, mais à quel prix ?

On aime moins

Plus juste de dire un 5 + 2 qu’un 7 passagers
Boîte à double embrayage rapide, mais coûteuse
Capacité de remorquage réduite

Notre verdict

Touche-à-tout, expert en rien

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : BMW Série 5, Ford F-150, Genesis G80, Hyundai Sonata N-Line et Hybrid, Jeep Gladiator, Land Rover Defender, Mazda CX-30, Mercedes CLA, Toyota Tacoma et Volvo XC40. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire. Écrivez-nous pour nous faire part de votre expérience.

Fiche technique

PHOTO ROBIN TRAJANO, FOURNIE PAR KIA MOTORS

Le Kia Sorento

Moteurs

(LX) L4 DACT 2,5 litres atmosphérique
191 chevaux à 6100 tr/min
181 lb-pi à 4000 tr/min (X-Line, EX, SX)

L4 DACT 2,5 litres turbocompressé
281 chevaux à 5800 tr/min
311 lb-pi entre 1700 et 4000 tr/min

Performances

Poids : 1735 kg (LX), 1856 kg (X-Line, EX, SX)
Rapport poids/puissance : 9,34 kg/ch (LX), 6,6 kg/ch (X-Line, EX et SX)
Capacité maximale de remorquage : 1270 kg (LX), 1587 kg (X-Line, EX, SX)

Boîte de vitesses

De série : automatique à huit rapports (à double embrayage avec moteur turbo)
Optionnelle : aucune
Mode d’entraînement : rouage intégral

Pneus

235/65R17 (LX), 235/60R18 (LX+), 255/45R20 (X-Line, EX, SX)

Capacité du réservoir et essence recommandée

67 litres
Ordinaire

Consommation

10,1 L/100 km (SX)

Dimensions

Empattement : 2815 mm ; longueur : 4800 mm (1) ; hauteur : 1695 mm (2) ; largeur : 1900 mm ; (1) EX et SX : 4810 mm ; (2) 1700 mm (SX et EX) – 1785 mm (X-Line)

Le meilleur pour la fin

PHOTO ROBIN TRAJANO, FOURNIE PAR KIA MOTORS

Un Kia Sorento en version hybride

La génération précédente devait accueillir, en Amérique du Nord, une motorisation diesel, mais la firme Kia s’est ravisée en cours de route et profite de cette refonte pour électrifier la gamme. Elle proposera, en cours d’année, deux versions hybrides (l’une rechargeable et l’autre pas) de son Sorento. La version sans fil présentera peu ou pas d’intérêt avec sa batterie de 1,5 kWh et avec pour seules roues motrices celles qui se trouvent à l’avant. La version rechargeable, elle, retient les services d’un rouage intégral (quatre roues motrices) et devrait susciter davantage la convoitise avec une batterie de 13,8 kWh. Celle-ci lui procurerait une autonomie électrique de quelque 50 km. Soulignons que ces deux déclinaisons, dont le prix n’a toujours pas été annoncé, retiennent, pour la partie thermique, les services d’un moteur de 1,6 litre turbocompressé.

D’hier à aujourd’hui

PHOTO FOURNIE PAR KIA MOTORS

Un Kia Sorento 2004

Quand on se compare, on se console ou bien on se désole ? Comparativement à la première génération du Sorento (celui-ci est apparu en 2004), la dernière mouture est plus longue, plus large, plus spacieuse, mais étonnamment moins lourde que son aïeule. Cette dernière, une stricte cinq-places à l’époque, s’animait d’un moteur V6 incapable de tirer une charge plus lourde que le Sorento actuel. Les gains réalisés au chapitre de la consommation demeurent les plus fascinants, avec une réduction moyenne de 6 L/100 km.

L’avis des propriétaires

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Le Kia Sorento 2021

Bien, sauf à la revente

Nous avons fait l’acquisition d’un Kia Sorento LX V6 en 2016 pour sa capacité de remorquage de 5000 livres. Nous tractons une petite roulotte d’un poids de 1800 livres. Le véhicule s’est toujours bien comporté au cours des 90 000 kilomètres parcourus. On a eu un problème avec le circuit électrique de l’attache-remorque, mais celui-ci a été remplacé sous garantie. Nous l’avons remplacé en juin 2020 par un Toyota Highlander LE V6. Notre plus grande déception fut la très grande perte de valeur du véhicule acheté quatre ans plutôt à 36 000 $ plus taxes. Tout au plus avons-nous obtenu quelque 18 000 $. Des Honda Pilot et Toyota Highlander de la même année et dotés sensiblement des mêmes caractéristiques se revendaient entre 28 000 $ et 32 000 $. — Christian L.

L’expérience de deux

Mon premier achat d’un Sorento remonte à 2016. Celui-ci s’animait alors d’un moteur turbo avec une transmission à six vitesses. Un véhicule bien équilibré avec beaucoup de puissance. Seul hic, la transmission automatique qui l’accompagnait était vraiment désagréable en raison de ses hésitations, surtout en ville. J’ai vendu mon Sorento pour en acquérir un autre plus récent (2019) avec une transmission à huit rapports et le moteur V6. Un peu d’hésitation en basses vitesses encore, mais rien à redire lorsque le véhicule atteint sa vitesse de croisière. Très logeable, confortable, il me mène en forêt avec aise. Relativement économique (290 chevaux) si l’on respecte les limites. — Paul L.

Regret de voir le V6 partir

Je possède un Sorento 2016 depuis maintenant près de cinq ans et suis très satisfait du véhicule, avec très peu de soucis après 80 000 km parcourus. Comme je possède une roulotte Alto, j’ai opté pour le modèle V6, qui permet de remorquer 5000 livres. Lorsque ma roulotte est attelée, le véhicule consomme 15 L/100 km. Dans des conditions normales, j’obtiens entre 8 et 9 L aux 100 km sur les voies rapides. L’intérieur est extrêmement silencieux et confortable. Problème majeur pour moi : Kia a décidé d’abandonner la version V6, ce que j’estime être une très mauvaise idée. Je devrai sans doute me rabattre sur un Jeep lors du remplacement du Sorento. Le Telluride de Kia ne m’intéressant pas du tout. — Jean L.