À une époque pas si lointaine, la quête émancipatrice des nouveaux acteurs dans le luxe devait invariablement passer par un portfolio complet de berlines. C’était un passage obligé, dicté par le brio de la Sainte Trinité allemande (Audi, BMW et Mercedes-Benz) dans le répertoire. À ses débuts ici, en novembre 2016, Genesis a donc assuré ses bases avec des berlines, parmi lesquelles figurera un peu plus tard la compacte G70. Une monture hélas encore méconnue, qui offre beaucoup plus qu’un prix concurrentiel.

Publié le 17 févr. 2021
Charles René
Charles René La Presse

Le design

PHOTO FOURNIE PAR GENESIS

Sur la latérale, la G70 paraît compacte, mesurant un peu moins qu’une BMW Série 3 (32 mm).

Dans l’attente d’un rafraîchissement de mi-cycle de son design, dont la commercialisation est prévue cette année, la G70 2021 revêt la même robe qu’à son lancement en 2018 (année-modèle 2019). La berline compacte conserve ainsi une posture plutôt traditionnelle, à l’européenne, avec un museau avant bas, assez long en proportion, qui abrite un train avant bien avancé. La calandre hexagonale capte évidemment l’attention, assurant une identité visuelle distincte, sans trop l’exulter. Les deux traits de diodes qui divergent ajoutent une touche de dynamisme aux optiques avant. Sur la latérale, la G70 paraît compacte, mesurant un peu moins qu’une BMW Série 3 (32 mm). Des effets texturés garnissent les portières pour apprécier un peu plus les formes simples et efficaces de cette berline. L’arrière complète le dessin de manière un peu trop anonyme, avec des feux génériques.

À bord

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Le design de la planche de bord laisse transparaître le positionnement sportif du modèle avec une approche « cockpit », mettant l’accent sur un poste de conduite délimité.

Outre l’accoutrement extérieur qui assure un certain panache à cette G70, l’habitacle complète le portrait avec élégance. Le design de la planche de bord laisse transparaître le positionnement sportif du modèle avec une approche « cockpit », mettant l’accent sur un poste de conduite délimité. Les moulures d’aluminium doublées de matières surpiquées ajoutent un aspect cossu au rendu. La version essayée étalait également un très élégant cuir matelassé tapissant les sièges ainsi que les portières. Hormis la présence de rares touches puisées chez Hyundai, la société mère, cette Genesis nous plonge dans une ambiance raffinée où l’attention au détail prime. Côté volume intérieur, les places avant sont accueillantes. Ce l’est beaucoup moins à l’arrière en raison du dégagement très limité aux jambes. Le coffre est aussi peu spacieux, avec seulement 297 L de volume, soit 74 L de moins qu’une Toyota Corolla berline.

Sous le capot

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Les livrées plus cossues reçoivent l’apport d’un V6 biturbo de 3,3 L.

Deux moteurs composent l’offre mécanique de cette G70. Un quatre-cylindres de 2 L (252 ch) s’occupe de mouvoir les versions d’entrée de gamme, alors que les livrées plus cossues reçoivent l’apport d’un V6 biturbo de 3,3 L. Ce dernier animait la déclinaison à l’essai. Il produit 365 ch et un couple de 376 lb-pi. Ces chiffres assurent une performance d’ensemble fort convaincante. Ce moteur livre sa puissance de manière progressive, et le couple abondant assure de la poigne dès qu’on le sollicite à bas régime. Certes, la sonorité rauque en partie produite par les haut-parleurs n’a pas le lyrisme ni la plage de régime des moulins à six cylindres de BMW ou de Mercedes-Benz, mais ce moteur renforce avec aplomb ses prétentions sportives. La boîte automatique à huit rapports s’y marie de belle façon avec sa réactivité, mais n’est pas aussi douce et rapide que les transmissions ZF de la concurrence.

Derrière le volant

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Cette G70 peut présenter une propension au roulis un peu plus marquée que certains adversaires, mais l’expressivité de ce châssis est vraiment prenante.

Si le V6 assure des accélérations franches, c’est surtout dans sa prestation sur route que l’œuvre trouve son éloquence. Face à des rivales qui semblent perdre de vue l’aspect sensoriel de la conduite automobile dans leur quête obsessionnelle de la technologie, cette G70 rappelle que tout n’est pas perdu. Une direction à la fois précise et communicative jette les bases, inscrivant avec finesse la berline en virage. Intervient ensuite l’amortissement adaptatif, qui permet à la fois de superviser les mouvements de caisse et d'assurer un confort impressionnant compte tenu de la minceur des flancs des pneumatiques. Certes, cette G70 peut présenter une propension au roulis un peu plus marquée que certains adversaires, mais l’expressivité de ce châssis est vraiment prenante. Il transmet beaucoup d’information, égayant les escapades sur routes sinueuses. Le rouage intégral favorisant le train arrière appuie l’ensemble avec assurance.

Les technologies embarquées

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Un petit écran de 8 po – pour les standards du segment – est fixé un peu maladroitement au-dessus de la nacelle de commandes. La définition de son écran ainsi que la qualité graphique de ses menus rappellent son retard.

C’est sans doute ici que la G70 expose ses plus grandes faiblesses. En rien on ne peut qualifier le modèle de vieillot, mais son système d’infodivertissement l’est sans aucun doute. Alors que Hyundai modernise ses modèles populaires avec un nouveau système multimédia réellement persuasif, la berline de luxe doit se contenter d’une cuvée antérieure. Ainsi, un petit écran de 8 po – pour les standards du segment – est fixé un peu maladroitement au-dessus de la nacelle de commandes. La définition de son écran ainsi que la qualité graphique de ses menus rappellent son retard. Sans impressionner, il demeure simple d’utilisation et sa réactivité est acceptable. Android Auto et Apple CarPlay font évidemment partie du portrait, tout comme une application pour téléphones intelligents télématique permettant d’interagir avec le véhicule pendant cinq ans sans frais.

Le verdict

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Cette Genesis donne aussi une impression de grande qualité et de solidité, tout en conservant une fourchette de prix fort intéressante.

Lors du magasinage d’une compacte de luxe, le réflexe naturel de centrer son attention sur l’offre européenne demeure encore aujourd’hui bien présent. Les constructeurs allemands exercent toujours cette poigne de fer sur la catégorie, un segment qui n’a certes plus l’importance stratégique qu’il avait. Il faut cependant inévitablement ajouter à ce club sélect la Genesis G70. La coréenne a beau ne pas avoir le pedigree des illustres modèles contre lesquels elle jette les gants, elle étale une grande maturité dans son rendu. Ce n’est pas un modèle parfait, mais elle fait beaucoup de choses extrêmement bien sans faire l’impasse sur l’interaction avec le conducteur. Elle donne aussi une impression de grande qualité et de solidité, tout en conservant une fourchette de prix fort intéressante. Tout est dans la manière, diront certains. La G70 le prouve de belle façon.

Carnet de notes

Bientôt redessinée

Genesis va lancer cette année une G70 2022 dont le design sera modernisé, tout comme le système d’infodivertissement. Elle sera dotée des mêmes mécaniques actuellement employées.

Une version de base alléchante

À un peu plus de 43 000 $, la version de série de la G70 a beau ne pas avoir le « punch » du moteur six cylindres, elle avance beaucoup d’arguments, dont un rouage intégral sans débours supplémentaires.

De l’expertise venue d’Allemagne

Le comportement fort plaisant de cette G70 est loin d’être un hasard. Le groupe Hyundai est allé repêcher en 2018 l’Allemand Albert Biermann pour entre autres assurer le développement de ses modèles performants. L’ingénieur a passé sa carrière antérieure chez BMW.

Un freinage pas parfait

Si, dans l’ensemble, le freinage de la G70 a une puissance adéquate, c’est surtout la course de la pédale qui est légèrement trop longue comparativement aux rivales, ce qui induit un léger délai de réponse en freinage d’urgence.

Valeur ajoutée au service après-vente

En plus d’une garantie générale de 5 ans/100 000 km, les entretiens standards sont gratuits durant cette période, en plus d’avoir droit à un service de voiturier qui vient chercher le véhicule à l’endroit choisi. C’est très complet.

Fiche technique

Version à l’essai : 3.3T SPORT

Prix (avec options, transport et préparation) : 58 115 $

Moteur : V6 DACT 3,3 L biturbo

Puissance : 365 ch à 6000 tr/min

Couple : 376 lb-pi de 1300 à 4500 tr/min

Transmission : Automatique à huit rapports avec mode manuel

Architecture motrice : Moteur longitudinal avec transmission intégrale

Consommation (ÉnerGuide) : 12 L/100 km (essence super recommandée)

Concurrents : Acura TLX, Audi A4, BMW Série 3, Cadillac CT4/CT5, Infiniti Q50, Lexus IS, Mercedes-Benz Classe C et Volvo S60

Du nouveau en 2021 ? : Aucun changement majeur

Pour en savoir plus : Visitez le site de Genesis Canada