En avance sur son temps, la plastique du FX reviendra, ce printemps, hanter les salles d’exposition d’Infiniti sous les traits du QX55.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un retour en arrière s’impose. Il y a 17 ans de cela, l’Infiniti FX avait fait souffler un vent de nouveauté sur la catégorie des multisegments, encore balbutiante et assez fruste. Il s’agissait d’un utilitaire joliment dessiné avec ses hanches parfaitement rebondies sous lesquelles se serraient d’immenses roues de 20 pouces. Rappelez-vous, nous sommes en 2003.

Le succès du FX procure alors des bonnes (BMW X6) et des mauvaises (Acura ZDX) idées à la concurrence qui voit en lui une façon d’éviter la banalisation sans cesse croissante des formes liées aux VUS en lui donnant des airs de coupé. On connaît la suite. Infiniti abandonne le FX et tous les constructeurs allemands s’inspirent de ces formes pour donner naissance à une fournée de « nouveaux » VUS. Par chance, l’histoire ne s’arrête pas là.

En pleine reconstruction, Infiniti revisite son passé, ses succès, et dépoussière la silhouette du FX pour créer le QX55. Et, même si elle semble « en retard d’un train », Infiniti sera néanmoins la première marque hors Allemagne à nous offrir un coupé VUS dans la prochaine année.

Une niche profitable

PHOTO FOURNIE PAR INFINITI

En raison de sa garde au toit inférieur et du dessin de sa partie arrière, le QX55 ampute son volume utilitaire de 167 litres.

Très étroitement dérivé du QX50, le QX55 se distingue essentiellement de celui-ci sur le plan esthétique. Un exercice de style qui consiste à « ramasser » les lignes sous un pavillon fuyant, lequel glisse ensuite abruptement sur la glace du hayon. Une formule toute simple et qui rapporte gros. En effet, les ventes de VUS coupés (tous formats confondus) ont augmenté de 34 % au cours de la dernière année, selon les plus récentes statistiques.

Mieux encore pour le constructeur qui le produit, ce « faux coupé » permet d’engranger plus de profits en raison de son prix généralement plus élevé par rapport à un VUS « traditionnel » de même format. À titre d’exemple, BMW facture 3750 $ de plus pour le X4, version élancée du X3.

PHOTO FOURNIE PAR INFINITI

En dépit de son caractère plus sportif, le QX55 retient les services du même groupe propulseur que le QX50, à savoir un moteur quatre-cylindres suralimenté à compression variable.

Par rapport au QX50, le QX55 gagne en dynamisme, mais perd en fluidité et surtout en polyvalence. En raison de sa garde au toit inférieur et du dessin de sa partie arrière, le QX55 ampute son volume utilitaire de 167 litres pour atteindre 1532 litres comparativement à 1699 pour le QX50. Du reste, l’aménagement intérieur est identique au QX50. La fiche technique également. En dépit de son caractère plus sportif, le QX55 retient les services du même groupe propulseur que le QX50, à savoir un moteur quatre-cylindres suralimenté à compression variable arrimé à une boîte automatique à variation continue. La marque ne souhaite pas discuter de ses projets à ce stade-ci et se refuse donc d’indiquer si une version plus performante sera ou non introduite dans la foulée.

En raison de la COVID-19, la commercialisation du QX55 a été reportée au printemps prochain. Infiniti communiquera les tarifs peu avant la sortie de ce modèle qui se déclinera en quatre saveurs : Luxe, Essential, ProAssist, et Sensory. Le QX55 prend naissance au Mexique dans une usine née d’une collaboration entre Nissan et Daimler (Mercedes).