En ce moment, pour les constructeurs automobiles, la formule magique tient en trois lettres : VUS. Petit, gros ou moyen, le faux 4×4 s’impose comme une évidence commerciale. En attendant que les vents tournent et que les marques redécouvrent le chemin de l’innovation, Volkswagen apporte, avec beaucoup de retard, une nouvelle pierre à l’édifice : le Taos.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

En vente à partir de l’été 2021, en version deux ou quatre roues motrices, le Taos compte trouver sa place dans un secteur déjà bien encombré en se présentant comme un produit « du juste milieu ». Il est plus enveloppé qu’un utilitaire de poche (Ford EcoSport), mais plus ramassé qu’un modèle compact (Honda CR-V) proposé par les grands constructeurs généralistes. Kia (Seltos), Mazda (CX-30), Nissan (Qashqai) ou Subaru (Crosstrek) creusent le même sillon.

Depuis cinq ans, le segment des petits et moyens utilitaires ne cesse de progresser. L’arrivée de nouveaux acteurs va doper encore davantage cette croissance, estime la firme Desrosiers Automotive. Cette dernière soutient que le nombre d’immatriculations dans ce segment au pays va poursuivre son ascension pour les trois prochaines années au moins.

Volkswagen peut donc se frotter les mains, même si le Taos n’arrive pas en avance sur un marché où les marques américaines, japonaises et coréennes quadrillent déjà le terrain. Pierre Boutin, président et chef de la direction de Volkswagen Canada, soutient toutefois que « le Taos se joint à notre gamme à un moment parfait […] », sans révéler les objectifs fixés pour ce modèle.

Descendant direct des Volkswagen Tharu (Chine) et Tarek (Amérique du Sud) commercialisés ailleurs dans le monde, le Taos, qui prendra forme et couleur à l’usine mexicaine du groupe, n’aura aucun mal à se couler dans le moule du style Volkswagen : profil musclé tout en horizontalité, mais face avant imposante très verticale avec une calandre largement ouverte.

On espère toutefois que le traitement de l’habitacle sera de meilleure facture que celui de l’Atlas ou du Tiguan et que la promesse d’aménagements intérieurs au-dessus de la moyenne sera tenue.

Mécanique inédite

À ce chapitre, le volume utilitaire du Taos impressionne en pouvant atteindre (banquette repliée) 1877 litres. À titre de comparaison, celui de la Crosstrek de Subaru (notre banc d’essai de la semaine dernière) atteint l’équivalent de 1565 litres.

Pour la partie technique, le Taos fait figure d’enfant gâté. Il reprend l’architecture modulaire (nom de code MQB) éprouvée par pratiquement l’ensemble de la gamme VW et à laquelle se greffe une mécanique inédite : un quatre-cylindres de 1,5 litre suralimenté par turbocompresseur.

Cette motorisation adopte le cycle Miller qui consiste sommairement à refermer les soupapes d’admission plus rapidement dans le but de réduire les pertes d’efficacité énergétique liées à un moteur à combustion interne, et ce, sans compromettre la puissance.

Pour mémoire, Mazda a été le dernier constructeur (Millenia V6 2,3 litres) à proposer une telle technologie sur le marché canadien. Ce 1,5 litre s’arrime à une transmission automatique à 8 rapports sur les versions tractées (roues avant motrices). Les Taos dotés du rouage à quatre roues motrices (4Motion) auront l’exclusivité d’une boîte à double embrayage à 7 rapports.

Volkswagen précise que trois déclinaisons seront inscrites au catalogue de ce modèle. Le distributeur canadien se garde toutefois de révéler les tarifs, se limitant à rappeler qu’ils seront « compétitifs face à la concurrence ». Classique !