Ford a confirmé la semaine dernière qu’il arrêtera définitivement la production de sa Lincoln Continental à la fin de l’année, trois ans à peine après son retour dans les salles d’exposition des concessionnaires.

Charles René Charles René
La Presse

En dépit de certaines qualités indéniables, le retour de la Continental aura été un rendez-vous manqué, touché par la désaffection généralisée pour la berline traditionnelle. Le fait que cette Continental ne bénéficiait pas de plateforme à propulsion, comme les ténors de son segment, a également joué contre elle sur le plan de la perception, tout comme le partage de ses motorisations avec d’autres produits Ford. Certes, on percevait un effort de différenciation important dans la conception luxueuse de son habitacle, mais ce n’était pas assez pour convaincre un bassin d’acheteurs suffisant.

Le modèle, étroitement lié à l’histoire de la marque de luxe de Ford, a vu le jour en 1939. Il a rapidement été adopté par le président américain de l’époque, Franklin Roosevelt, qui en a fait sa voiture de fonction. C’était aussi à bord d’une Lincoln Continental décapotable que le président américain John F. Kennedy a été assassiné en novembre 1963. Bref, la Continental aura joué le rôle de figurante dans plusieurs chapitres importants de l’histoire américaine, en plus de faire rêver nombre de ménages nord-américains inconditionnels des produits Ford.

Avec l’abandon de la Continental et de la berline intermédiaire MKZ, Lincoln se retrouve avec un portfolio de modèles composé uniquement de VUS et de multisegments, une stratégie qui cherche essentiellement à s’aligner avec la demande.