General Motors affirme que la nouvelle convention collective qu'elle vient de signer avec ses employés d'usine américains élimine l'écart compétitif qui la désavantageait face aux constructeurs étrangers établis en Amérique du Nord.

LA PRESSE

GM et les Travailleurs unis de l'automobile des Etats-Unis (UAW) ont renégocié la convention collective (signée en 2007) alors que la firme de Detroit tente de se restructurer. L'entente, qui vient d'être ratifiée, couvre les salaires et conditions de travail de 54 000 travailleurs en usine. Ce nombre devrait baisser de 21 000 personnes d'ici la fin de 2009, quand GM fermera de 14 de ses 46 usines américaines. GM doit identifier dès lundi prochain (le 1er juin) les 14 usines qui écoperont.

Acculés au pied du mur, le syndicat a dû faire des concessions importantes pour aider GM à survivre.

La nouvelle convention donne « une entente innovatrice qui permettra à GM d'être entièrement concurrentielle et qui élimine l'écart avec nos compétiteurs », a déclaré par voie de communiqué Diana Tremblay, vice-présidente aux relations de travail de GM.

 

Cet écart était au niveau des salaires et des avantages sociaux, qui étaient plus élevés que ce que la concurrence asiatique et européenne paie dans ses usines américaines.

GM salue le leadership du président de l'UAW, Ron Gettelfinger et remercie ses employés et retraités, « dont les sacrifices permettront à GM de devenir une firme plus forte et viable».

Le syndicat canadien des employés de GM, les Travailleurs canadiens de l'automobile, avaient eux aussi renégocié à la baisse leurs émoluments. Leurs conditions de travail sont désormais égales à celles des constructeurs japonais qui exploitent des usines en Ontario.

Fait important, l'accord ratifié entre les UAW et GM aux Etats-Unis, inclue l'engagement formel de GM de construire aux Etats-Unis, et non en Chine, une nouvelle classe de petites voitures que GM voulait importer de GM-Chine.

Cette intention de GM a suscité dans les dernières semaines une levée de boucliers non seulement du syndicat, mais des législateurs américains.

GM survit grâce à une aide d'urgence de plusieurs dizaines de milliards de dollars du gouvernement fédéral américain.

L'entente avec les syndicats américain et canadien ne devrait pas suffire à empêcher GM de se déclarer insolvable lundi, se plaçant sous la protection du chapitre 11 de la Loi américaine sur les faillites.

Il semble entendu que GM et le gouvernement fédéral estiment indispensable que GM se restructure sous la protection des tribunaux. La restructuration placerait les dettes et les actifs sans valeur de GM dans une coquille juridique distincte, et seraient liquidés. Les actifs productifs de GM seraient casés dans une « Nouvelle GM » plus petite, avec une dette réduite à 17 milliards de dollars, qui comprendrait sans doute Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC. Les actionnaires seraient les gouvernements américain et canadiens (fédéral et ontarien), le syndicat américain  des Travailleurs unis de l'auto, certains créanciers actuels et la caisse de retraite des retraités.

Les activités de GM ne seraient pas interrompues par ce processus.