Jusqu'à dimanche prochain, quelque 150 villes dans le monde vantent les mérites de la voiture électrique. Une opération charme à laquelle participent pendant une semaine divers promoteurs de la cause, dont Mobilité électrique Canada. L'occasion, pour sa présidente, de soulever les enjeux à venir. Si l'on veut que ce véhicule s'impose.

Publié le 15 sept. 2015
Sébastien Templier LA PRESSE

Q: Qu'est-ce que Mobilité électrique Canada et quel est son mandat?

R: C'est une association nationale à but non lucratif qui est vouée exclusivement à la promotion de la mobilité électrique. On pose différentes actions pour être un réseau d'échanges, mais également pour faire valoir les intérêts de l'industrie auprès des gouvernements. On agit au provincial et au fédéral. Notre association se penche aussi sur l'électrification des transports collectifs et sur l'autopartage.

Q: À quoi sert un événement tel que la semaine nationale Conduisons électrique?

R: On se rend compte que, souvent, les gens ne connaissent pas les véhicules électriques. Pouvoir rencontrer les conducteurs et essayer les véhicules, ça leur permet de considérer l'achat éventuel d'un tel véhicule. C'est une activité de célébration de la technologie et de ses avantages auprès de bon nombre de clients potentiels. On a 12 événements du genre au pays d'un océan à l'autre pour faire la promotion des véhicules électriques.

Q: Qu'est-ce que votre association recommande au gouvernement fédéral en matière d'électrification des transports?

R: On a eu le mandat par Ressources naturelles Canada d'établir une feuille de route technologique et commerciale pour voir ce que l'on devrait faire pour accélérer l'électrification des transports. Il y a trois axes. Il faut d'abord accentuer les activités de communication et de sensibilisation, il faut en parler. Vous seriez surpris de voir des gens en principe renseignés qui ne savent pas que cela existe et quelles sont les options. Ensuite, une mesure fédérale d'incitation à l'achat pourrait faire une grande différence dans l'arrivée des véhicules électriques. Enfin, il faut faire en sorte que l'on comprenne bien la recharge. La recharge au travail commence à se développer et il faut la promouvoir tout comme la recharge rapide sur les grands axes routiers. Le développement de celle-ci doit s'accélérer pour rassurer les gens.

Q: Y a-t-il encore des préjugés et des idées reçues à l'égard des véhicules électriques?

R: Il y en a beaucoup, qu'il faut défaire avant d'informer les gens. Certains se demandent encore si c'est un vrai véhicule. Les gens sont surpris de voir combien la voiture électrique est rapide et agréable à conduire, que la recharge n'est pas un enjeu, qu'il y a plusieurs modèles sur le marché et qu'il y en aura d'autres à venir avec plus d'autonomie, que c'est un geste pour l'environnement et que c'est un choix économique toute l'année en essence et en entretien, malgré le prix d'achat. On essaie de faire comprendre aux gens que c'est le moment de considérer un véhicule électrique. C'est un grand travail de sensibilisation et d'éducation.

Q: À ce stade-ci, est-ce que la voiture électrique peut échouer à percer le marché automobile?

R: C'est un début en matière de pénétration du marché. Mais je pense que tout le monde est à l'affût des véhicules annoncés qui auront une plus grande autonomie à des prix dits raisonnables. C'est ce qui va faire une différence importante sur le marché. Mais il faut vraiment passer par cette étape d'avoir ces véhicules actuels. Les prochaines années sont assez cruciales pour passer d'un marché de niche à un marché de masse. Quand des véhicules avec 300 km d'autonomie à des prix raisonnables seront mis en vente, c'est à ce moment que le pont va se faire.