Signe des temps, la voiture électrique entraîne dans son sillage les universités et les étudiants de plus en plus prompts à intégrer cette industrie automobile et à participer au déploiement de ces véhicules. Qu'on se le dise, le milieu universitaire n'est pas à la remorque.

Sébastien Templier LA PRESSE

Universités, écoles polytechniques ou établissements d'enseignement supérieur, le milieu de l'enseignement participe de plus en plus à la formation d'ingénieurs qui seront sans doute au service de l'industrie des véhicules électriques à l'avenir.

Pascal-André Fortin a participé pendant un an à la conception d'un petit véhicule hybride de course. Désormais étudiant à la maîtrise en génie électrique, il planche sur le design d'un chargeur bi-directionnel. Comme beaucoup, il veut continuer à travailler dans l'industrie des véhicules électriques, que ce soit le transport individuel ou le transport en commun. «Les véhicules électriques vont gagner en complexité, les problèmes vont croître en complexité. Il faut donc former des gens dès le baccalauréat», estime cet étudiant de l'Université de Sherbrooke.

De plus en plus d'étudiants en génie manifestent un intérêt pour l'électrification des transports. «Le véhicule électrique attire les étudiants en génie comme plateforme d'apprentissage. Cela représente l'avenir. Ils ont le désir de contribuer, de participer à influencer le mode de vie de demain», explique Maxime Dubois, professeur au Département de génie électrique de l'Université de Sherbrooke.

Est-ce à dire que la voiture à essence est moins «sexy» que la voiture électrique à leurs yeux? «Oui», répond celui qui est également ingénieur en électricité.

Que ce soit en génie mécanique ou en génie électrique, les projets de recherche sur les transports électriques se multiplient dans le réseau universitaire. Et les concours internationaux de véhicules alternatifs fleurissent sur la planète.

La formation en génie électrique ne date pourtant pas d'hier. «On est déjà là, ce n'est pas futuriste, c'est actuel», rappelle M. Dubois. Elle va du moteur au robot en passant par le scanneur ou le micro-circuit.

Les étudiants travaillent de plus en plus sur des projets potentiellement commercialisables dans l'industrie automobile. «Les projets servent à développer éventuellement des applications dans le réel. On essaie des idées et on les présente aux acteurs de l'industrie», précise Jean-François Duval, étudiant en troisième année au bac en génie électrique à l'Université de Sherbrooke.

Le milieu universitaire n'offre pas de spécialisation ou de programme exclusivement dédié aux véhicules électriques. Mais les projets de recherche sont de plus en plus nombreux en ce domaine. La ligne est donc mince entre le programme et son contenu.

S'il y a un intérêt croissant des étudiants, il y a aussi des limites. «Il faut plus de professeurs dans le domaine de l'utilisation de l'électricité à des fins de propulsion. Il va falloir augmenter le nombre de formateurs. Il faut aussi des infrastructures et des règles de sécurité à respecter qui font partie de la vie d'un véhicule», dit M. Dubois.

À Sherbrooke, les étudiants ont créé une association pour faciliter le transfert de connaissances et de matériel entre les différentes équipes de recherche. Son nom? L'Association des transports électriques de l'Université de Sherbrooke.

Évocateur, mais surtout très significatif quant à ce que nous réserve l'avenir.