Le manufacturier québécois de bornes de recharge pour véhicules électriques, AddÉnergie, lance son propre réseau de bornes.

Sébastien Templier LA PRESSE

La jeune entreprise de Québec ne fait plus uniquement dans la conception, la fabrication et la distribution de bornes. À compter de jeudi, elle sera également gestionnaire d'un réseau de bornes baptisé «RéseauVER».

AddÉnergie s'appuie pour cela sur près de 200 bornes à usage public ou privé vendues à ce jour dans la province de Québec. Ses clients sont des entreprises, des hôtels ou des restaurants. Si l'un des plus connus est le service d'auto-partage Communauto, son plus gros reste Ivanohé Cambridge. Le groupe propriétaire de 17 centres commerciaux et d'affaires lui a acheté 62 bornes, toutes opérationnelles du côté de Montréal, Québec, Trois-Rivières, Laval, Brossard ou encore dans la Beauce.

AddÉnergie gérera l'utilisation des bornes par le biais d'une formule d'abonnement et d'un site internet proposés aux automobilistes utilisateurs. Le service entrera en fonction ce jeudi. Il reviendra aux acheteurs de bornes - entreprises et institutions - de fixer le tarif de recharge. Celui-ci pourrait être de 2$ la recharge, de 1$ de l'heure ou tout simplement être gratuit.

Avec l'implantation du circuit électrique public d'Hydro-Québec et de ses partenaires en début d'année et avec la volonté récente du distributeur de bornes ontarien Sun Country Highway d'investir le marché québécois, les acteurs deviennent de plus en plus nombreux dans le domaine de la recharge des véhicules électriques. Une concurrence qui n'effraie pas le président d'AddÉnergie.

«On n'a pas peur de la concurrence, cela fait trois ans que l'on développe nos activités, dit Louis Tremblay. Cela fait deux réseaux de recharge complémentaires au Québec. C'est une offre complémentaire au circuit électrique. Et de notre côté, cela crée des emplois ici au Québec.»

Dans l'immédiat, les deux réseaux ne communiqueront pas ensemble et leurs usagers respectifs ne pourront utiliser les bornes de l'autre. À moins d'être abonné aux deux services. Un inconvénient ? «C'est dans l'intérêt de tous que les réseaux soient interopérables», répond M. Tremblay qui imagine un tel scénario pour l'avenir.

Proche ou lointain? Nul ne sait.