Le slogan d'Eagle Rider est We rent dreams. «Nous louons des rêves.» Le rêve américain en location, sur deux roues. Avouons-le: rouler sous le soleil sur une route bien droite, au guidon d'une rutilante et rugissante Harley-Davidson, c'est un peu ça, l'Amérique.

Pierre-Marc Durivage LA PRESSE

Au départ, simplement le fait de pouvoir poursuivre un peu plus longtemps la saison de moto en roulant sous les chauds rayons du soleil de la Floride était excitant en soi. C'est seulement après coup, une fois sur place, que l'on s'aperçoit que c'est bien plus que cela.

«J'avais une vision plutôt naïve des États-Unis, explique Thomas Muetzel, arrivé d'Allemagne il y a près de 15 ans et aujourd'hui guide chez Eagle Rider. Je rêvais de grands espaces, de liberté, ou plus simplement de grandes routes sans traces de civilisation, chose qui n'existe pas en Europe. Les touristes européens cherchent une Amérique qui n'est plus vraiment là, mais on peut les aider à la trouver.»

Bon, le touriste canadien que je suis est bien sûr un familier des grands espaces et des routes qui ne finissent plus, mais il reste que l'Amérique qui nous est offerte est séduisante. Eagle Rider le sait trop bien et organise, entre autres, des tours le long de la mythique Route 66 et autour des lieux visités dans le film culte Easy Rider. En Floride, pour une immersion américaine totale, on propose même de conclure votre ride avec un match de la NFL à Miami. Tout ça a certainement autant d'écho au Québec qu'en Europe.

Mais, avant toute chose, il y a la moto. Et pas n'importe laquelle.

Bien qu'Eagle Rider offre en location des BMW, Honda, Triumph ou même des Can-Am, elle affiche son appartenance haut et fort. Ses couleurs sont l'orange et le noir, les mêmes qu'un certain constructeur centenaire du Wisconsin. «On vend et on achète de 3000 à 4000 motos chaque année. Et 98% de notre parc est constitué de Harley-Davidson», affirme Jim Bascom, directeur pour l'est de l'Amérique du Nord chez Eagle Rider. En fait, l'entreprise californienne, qui a fêté ses 20 ans cette année, est tout simplement devenue le plus important client de Harley-Davidson.

Rouler sur un Harley - on dit «un», pas «une» - est intensément américain. On éprouve à tenir son guidon un sentiment de puissance tout ce qu'il y a de plus authentique... et égoïste. On ricane de plaisir en entendant le gros V-Twin pétarader en accélération, on comprend même - enfin presque - les nombreux motards qui nous croisent sans couvre-chef. Cruiser en Harley, c'est l'ultime ego trip qui donne le goût de crier liberté. Et pourquoi ne pas porter un bandana bleu-blanc-rouge avec des étoiles, tant qu'à y être?

C'est après coup que l'on se rappelle que tout ça peut être gênant pour le badaud et que l'on se souvient des règles que nous ont enseignées nos parents à propos du respect d'autrui. C'est pourquoi louer un Harley pour rouler quelques jours sur les plus belles routes est si plaisant. On ne se sent pas coupable d'avoir été égoïste pendant quelques heures.

Quant à la Floride, «d'accord [elle] n'a pas de montagnes, mais il y a la mer, les paysages à couper le souffle, l'histoire, et du beau temps à longueur d'année, décrit Jim Bascom. On cherche donc à attirer en Floride toutes les sortes de clientèles. Que ce soit les aventuriers qui veulent passer du bon temps sur de belles routes ou ceux qui veulent simplement vivre l'expérience de la moto au soleil.»

Parlez-en à Claude Trudel, d'Ottawa, croisé avec des copains québécois, tous motocyclistes, à Fort Chrismas, au sud de Daytona: «Les gens croient que les chemins de la Floride sont ennuyants, mais ce n'est pas vrai, dit-il. Il y a plein de routes comme chez nous, avec de belles courbes, mais sans nids de poule!»

Une bonne raison en soi de rouler en Floride!

Photo fournie par Eagle Rider

La Floride n'a peut-être pas de montagnes, mais il y a la mer, les paysages à couper le souffle, l'histoire, et du beau temps à longueur d'année.

Daytona: La Mecque des motocyclistes

Comment parler de la Floride à moto sans parler de Daytona? C'est littéralement La Mecque des motards (si on oublie la décadente Sturgis, dans le Dakota du Sud).

On s'y promène et on le sent: les concessionnaires de motos sont légion, les ateliers de personnalisation de motos aussi, et le plus grand détaillant Harley-Davidson du monde s'y trouve (tout près, à Ormond Beach).

La Main Street est parsemée de bars qui sont autant de repaires de motocyclistes, surtout pendant les deux grands festivals qui s'y tiennent chaque année: le BikeFest, en mars, et le Biketorberfest, en octobre. Daytona appartient alors aux centaines de milliers de passionnés qui affluent d'un peu partout.

Le bon moment pour louer une moto? Sans doute, si vous n'êtes pas agoraphobe!

Photo fournie par Eagle Rider

Daytona est La Mecque des motards (si on oublie la décadente Sturgis, dans le Dakota du Sud).

Voyages à la carte

Eagle Rider est le plus grand locateur de motos du monde. Il offre plus de 4000 bolides dans plus de 100 détaillants partout dans le monde. De plus, depuis quelques années, l'entreprise californienne a ajouté un volet tourisme à son offre de services avec des tours, avec ou sans guide, le long de certaines des plus belles routes du monde.

Aux États-Unis, «les tours les plus populaires sont ceux dans le sud-ouest des États-Unis, la Route 66 et le sud de la Floride», affirme Thomas Muetzel, guide chez Eagle Rider. La plupart des gens choisissent de suivre un guide, qui les emmène d'un attrait à un autre. C'est la formule sans soucis, d'autant plus que les repas du soir et les hôtels sont inclus dans le forfait. Selon la durée des voyages, qui varie de 8 à 19 jours, les prix oscillent de 1600 à 3500$.

Pour ceux qui veulent rouler sans contrainte, on propose des itinéraires libres avec réservation d'hôtels. Au choix, on peut demander de programmer les choses à ne pas manquer dans un GPS. Les prix des tours autoguidés débutent à 425$ et ne dépassent pas les 1500$.

On peut aussi louer une moto chez un détaillant et la laisser chez un autre, de même qu'il est possible de simplement faire une promenade en tant que passager. Enfin, on peut organiser des voyages personnalisés, avec ou sans guide, selon les goûts des motocyclistes.

Les frais de ce reportage ont été payés par Eagle Rider.

Photo fournie par Eagle Rider

Aux États-Unis, les tours les plus populaires d'Eagle Rider sont ceux dans le sud-ouest des États-Unis, la Route 66 et le sud de la Floride.