La Série 2 de BMW parle d'un temps qui n'évoque pas grand-chose aux moins de 40 ans. Leurs aînés, en revanche, auront sans doute d'elle un souvenir ému, puisque la Série 2 représentera peut-être pour eux la dernière vraie BMW, en dehors des versions M (Motorsport), bien entendu. Aucun autre modèle au sein de la gamme de ce constructeur ne colle autant à la formule qui, jadis, a fait le succès des 2002 et Série 3 originale.

Éric Lefrançois LA PRESSE

Quiconque s'intéresse au marché automobile sait que la marque bavaroise est passée maître dans l'art de réaliser plusieurs variantes à partir d'un même modèle, et le rythme des lancements ne devrait pas faiblir dans les prochaines années. Si certains observateurs estiment que la Bayerische Motoren Werke (BMW) innove avec cette stratégie de diversification, d'autres, au contraire, considèrent qu'elle s'égare. Chacun a droit à son opinion.

Si, autrefois, il était juste de dire que c'était grâce à des autos comme la Série 3 que BMW serait toujours BMW, ce n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui. Au fil des refontes, la Série 3 prend quelque distance avec l'archétype de la compacte abordable et amusante à piloter. En fait, à mesure qu'elle a rencontré un public de plus en plus large, la Série 3 n'a cessé d'arrondir les angles. Il ne s'agit plus tant de flatter les amateurs de conduite que de satisfaire aux attentes d'automobilistes sensibles à l'image d'un constructeur sportif, sans pour autant négliger le confort et l'habitabilité.

Hélas, ce même constat s'applique - à quelques nuances près - à la Série 2. Cette dernière prend ce printemps le relais de la Série 1 à titre de modèle d'entrée de gamme. Ce nouveau matricule donne naissance à une version plus policée et qui, comme la Série 3, préfère cultiver le genre «viril, mais pas trop». Pour l'heure, BMW commercialise cette Série 2 sous la forme d'un coupé auquel s'ajoutera, dans quelques mois, une déclinaison cabriolet. Concentrons-nous alors sur le coupé qui, par rapport au modèle auquel il succède, est plus enveloppé. Il croît de 72 mm en longueur et de 32 autres en largeur. Cela a des répercussions positives sur le coffre. Autrefois bien menu, son volume équivaut désormais à 390 L, un niveau appréciable. Une bonne nouvelle qui s'accompagne en outre d'une plus grande modularité, puisque le dossier de la banquette va jusqu'à se rabattre en trois parties asymétriques (40-20-40).

Les proportions retravaillées de ce modèle d'entrée de gamme ont une incidence positive sur l'empattement. Ce dernier s'allonge et permet notamment aux occupants de bénéficier de plus d'espace pour les jambes à l'arrière. Qu'à cela ne tienne, ces places demeurent étroites et il n'est toujours pas de tout repos d'y accéder ou de s'en extraire.

Les meilleures places dans la Série 2 se trouvent donc à l'avant. Là, on retrouve les sièges les plus confortables dans un décor qui ne dépaysera pas le moins du monde les amants de la marque bavaroise. Le tableau de bord légèrement incliné vers le conducteur (ou la conductrice, c'est selon), la molette iDrive positionnée sur la console centrale doublée d'un écran plat avec surface tactile pour la saisie - plus rapide - des caractères pour le système de navigation. Rien qui agace, mais rien qui émeut non plus.

L'amélioration majeure porte sur la qualité des revêtements et la finition plus recherchée de cet habitacle. Cela va de toute évidence mettre un terme aux sarcasmes entendus au sujet de la génération précédente (la Série 1) selon lesquels il s'agissait là de la «BMW des pauvres». À ce sujet, incidemment, le constructeur ne lésine pas sur le prix. La dotation en équipement est certes plus élaborée, mais le catalogue des options demeure aussi dense qu'un bottin téléphonique. Interrogé sur le sujet, BMW esquive la question, préférant plutôt rappeler qu'elle répond aux désirs de personnalisation de sa clientèle.

Comportement typé

Dans les virages, ce coupé produit en Bavière reste littéralement collé à la route. La propulsion aux roues arrière permet d'alléger le train avant sans le laisser flotter (les masses sont réparties à parts égales entre les essieux) et de renvoyer dans le volant des sensations très nettes, exemptes de remontées parasites. Sans avoir encore atteint la précision du système hydraulique qu'elle utilisait autrefois, BMW a néanmoins progressé dans sa compréhension de l'assistance électrique, bien que la direction de la Série 2 offre un ressenti un brin artificiel.

Les mouvements de caisse sont maîtrisés, le train arrière enroule délicieusement les virages, et une kyrielle d'aides à la conduite, jusqu'à un certain point évidemment, gomment les erreurs d'appréciation de celui ou celle qui se trouve aux commandes. Si on débranche tout, le plaisir commence et la Série 2 s'avère alors extrêmement amusante à piloter. Surtout si on a eu le bon goût (et les moyens financiers) de cocher les options performances qui raffermissent (sans vraiment nuire au confort) les éléments suspenseurs et abaissent l'assiette du véhicule de quelques millimètres.

Sous le capot, un choix de deux moteurs (quatre et six cylindres) disposés longitudinalement est proposé aux amateurs. Il s'agit de deux versions suralimentées. Toute la gamme hérite d'une très agréable boîte de vitesses à six rapports de série. L'acheteur peut la substituer à une semi-automatique à huit rapports au rendement nettement plus efficace pour réduire la consommation à la pompe et atténuer la faible autonomie de ce véhicule auquel on a greffé un tout petit réservoir d'essence. Qui plus est, cette transmission bénéficie d'un dispositif (Launch Control) qui permet de magnifiques départs sur les chapeaux de roues et d'une fonction «roue libre». Celle-ci désolidarise le moteur de la boîte lorsqu'on relâche la pédale d'accélérateur (entre 50 et 160 km/h) pour économiser le carburant. Pour toutes ces raisons, on préfère l'automatique à la manuelle.

Très soucieux de nourrir l'aura qui fait le piment de ses créations, le constructeur n'a pas mis à la disposition de la presse la motorisation quatre cylindres. Dommage. Cela dit, le six-cylindres représente l'une des plus belles réussites des motoristes de BMW ces dernières années. D'une exquise souplesse, ce moteur d'une douceur veloutée surpasse en agrément les cylindrées équivalentes proposées aussi bien par Audi que Mercedes.

En revanche, d'un aspect plus fonctionnel, la Série 2 demeure une auto délicate à conduire en hiver, et si les ingénieurs rencontrés entretenaient l'idée qu'un rouage intégral était techniquement possible, reste que celui-ci ne sera vraisemblablement jamais offert. Ceux-ci pensent qu'il vaut mieux parier sur la venue d'une m2. C'est plus gagnant, à ce qu'il paraît.

Les frais de transport et d'hébergement liés à ce reportage ont été payés par BMW Canada.

L'essentiel

> Fourchette de prix : de 36 000 $ à 45 000 $

> Garantie de base : 4 ans / 80 000 km

> Consommation moyenne obtenue au cours de l'essai : 10,4 L/100 km

> Pour en savoir plus : www.bmw.ca

> Visible dans les concessions : À compter du mois de mars

Fiche technique

> Moteur : L6 DACT 3 litres turbocompressé

> Puissance (moteur essence) : 322 ch entre 5800 et 6000 tr/mn

> Couple (moteur essence) : 332 lb-pi entre 1400 et 4500 tr/mn

> Poids : 1 587 kg (estimation)

> Rapport poids/puissance : 4,86 kg/ch

> Mode : Propulsion

> Transmission de série : Manuelle 6 rapports

> Transmission optionnelle : Semi-automatique 8 rapports

> Direction/diamètre de braquage : crémaillère/10,9 mètres

> Freins avant/arrière : disque/disque

> Pneus : 225/40R18 - 245/35R18

> Capacité du réservoir de carburant/ carburant recommandé : 52 litres/super