Tout n'est pas encore rodé pour la filiale électrique «i» de BMW au Canada. La marque allemande doit notamment établir qui la distribuera. La tâche s'annonce plus complexe qu'elle n'y paraît. Sur les quelque 45 concessions BMW du pays, à peine une demi-douzaine a manifesté de l'intérêt pour défendre ce nouveau blason. Du nombre, deux des six concessionnaires de la grande région de Montréal ont posé leur candidature.

Mis à jour le 4 déc. 2012
Éric Lefrançois, collaboration spéciale LA PRESSE

La mission de BMW consiste à rendre visibles ses automobiles électriques - les i3 et i8 - à Montréal, Toronto et Vancouver. De ces trois centres urbains, la capitale de la Colombie-Britannique se révèle la plus réceptive à l'égard des produits crées par BMW.

Helmut Stadler, responsable de ce projet, admet que les Vancouvérois apparaissent plus sensibles aux questions environnementales que les Canadiens des autres provinces. «On sent actuellement un plus grand engouement chez eux qu'à Toronto ou Montréal».

Conditions exigées

Pour obtenir le droit de distribuer les futures i3 et i8, premiers produits de cette filiale en devenir, BMW pose des conditions. Elle exige de ses concessionnaires un espace dédié dans les salles d'exposition ainsi qu'un personnel spécialement formé pour vendre, entretenir et réparer ces véhicules. «Nous ne sommes pas en quête d'un personnel exclusivement dédié aux produits "i", s'empresse de préciser M. Stadler. Le volume des ventes ne le justifierait pas.»

À ce sujet, le responsable de cette nouvelle marque demeure évasif sur la question. Selon ce qu'a appris La Presse, la i3 sera positionnée, a-t-on appris, entre les actuelles Nissan Leaf et Chevrolet Volt. Elle coûtera environ 40 000$. Parmi les options qui seront proposées, il y a un moteur à essence pour recharger - comme la Volt - les batteries en cours de déplacement, dans le but d'accroître l'autonomie du véhicule.

Quant à la i8, son prix avoisinerait les 200 000$, mais «la demande surpassera largement l'offre», estime Helmut Stadler. À noter que seule la version coupé de ce modèle sera offerte au marché canadien. Le cabriolet (notre photo) ne demeure pour l'heure qu'un prototype. Entre la i8 et la i3, cette dernière sera la plus diffusée et ses ventes devraient correspondent à celle d'une série 7 (NDLR: haut de gamme de la marque), soit quelque centaines d'unités.

Toronto en avant-première

Le public canadien aura un avant-goût des deux modèles lors de son passage au prochain salon automobile de Toronto. La marque annoncera vraisemblablement à cette occasion les noms des concessionnaires chargés de les distribuer à compter du printemps 2014.

Au Canada, le constructeur allemand n'écarte pas la possibilité de s'allier avec d'autres constructeurs comme Nissan (Leaf), Ford (Focus) et Mitsubishi (i-Miev). «Nous martelons tous le même message au sujet des véhicules électriques. Le message n'en serait que plus fort si nous nous unissions pour démystifier leur usage», conclut Helmut Stadler.

Photo Éric LeFrançois, collaboration spéciale

Des quelque 45 concessions BMW au Canada, à peine une demi-douzaine a manifesté de l'intérêt pour la gamme électrique "i", dont deux dans la région de Montréal.