La concurrence commence à se matérialiser dans certaines villes du monde où cohabitent les entreprises d'auto-partage et celles qui proposent des voitures en libre service. À Toronto et à Vancouver, Zipcar propose une offre qui n'est pas sans rappeler ce qu'est car2go.

Mis à jour le 17 janv. 2013
Sébastien Templier LA PRESSE

La plus importante entreprise d'auto-partage du monde, l'américaine Zipcar, répond à l'arrivée récente dans la Ville reine de la filiale d'un des plus grands constructeurs automobiles, car2go, spécialisée dans l'offre de voitures en libre-service. Cette entreprise issue du groupe Daimler AG essaime dans le monde les petites Smart Fortwo en les proposant en libre-service dans 18 grands centre-villes, selon le même principe que le vélo.

Après Vancouver et Calgary, car2go s'est implantée à Toronto l'an dernier. Elle représente une concurrence non négligeable pour les entreprises d'auto-partage même si celles-ci soutiennent qu'elles ne font pas la même chose et que car2go est simplement complémentaire à leurs offres en matière de déplacements urbains.

Derrière ce discours, il y a pourtant eu des craintes, exprimées par Modo à Vancouver et Autolib' à Lyon en France. Et des signes qui ne trompent pas?

Depuis une semaine, Zipcar propose ses services sans abonnement mensuel ni frais annuels. Seule l'utilisation à l'heure ou à la journée d'un de ses véhicules est facturée (à condition de ne pas utiliser le service les fins de semaine). Cette offre testée à Toronto et à Vancouver se rapproche grandement des conditions d'utilisation d'une voiture de car2go qui, lui, n'impose pas de frais, à l'exception de l'inscription initiale. Par ailleurs, à Toronto par exemple, les tarifs des deux entreprises sont proches: 9$ de l'heure et 78$ la journée - plus taxes - chez Zipcar; 14$ maximum de l'heure (ou 38 cents la minute) et 73$ la journée - plus taxes - chez car2go. Ce dernier conserve un avantage sur Zipcar: nul besoin de réserver un véhicule.

Le PDG de Zipcar, Scott Griffith, a expliqué que cette option permettait de «répondre à un large éventail de besoins des consommateurs», d'offrir plus de souplesse aux utilisateurs occasionnels et de proposer en quelque sorte une seconde voiture à certains.

La crainte de cette concurrence incarnée par car2go et ses voitures en libre-service s'est également manifestée en 2011, lorsque l'unique entreprise d'auto-partage au Québec, Communauto, a annoncé son intention de mettre en place son propre volet libre-service à Montréal. En faisant cette annonce, le pionnier de l'auto-partage en Amérique du Nord a coupé l'herbe sous le pied à la concurrence. Presque deux ans plus tard, rien n'indique cependant que Communauto ira de l'avant.

Zipcar et car2go ont beau être absents au Québec, rien n'indique non plus qu'ils renonceront à tout jamais à la Belle Province.

Il n'a pas été possible d'avoir un commentaire de Zipcar à ce sujet.