Quiconque a conduit dans les rues de New York sait que les conducteurs de la Grosse Pomme sont capables des prendre des libertés assez spectaculaires avec le code de la route.

D'après Bloomberg LA PRESSE

En fait, ce n'est pas qu'ils font entorse aux règles de la route, c'est qu'ils ne les connaissent tout simplement pas, affirme un rapport du prêteur et assureur automobile GMAC, qui a fait passer des tests écrits à 5183 conducteurs de tous les États américains. Les tests mesuraient la connaissance des règles de la route en vigueur là-bas.

 

C'est ce que rapporte l'agence de presse Bloomberg, qui obtenu les résultats de cette étude.

Les conducteurs de New York sont les pires aux États-Unis, en tout cas sur papier, et ceux du New Jersey, l'État d'à côté, sont juste derrière, rapporte Bloomberg.

La moyenne nationale a été de 76,6%, alors qu'un score sous les 70% est considéré comme un échec. Les conducteurs new-yorkais ont inscrit le score moyen le plus mauvais, avec une note à peine suffisante pour ne pas échouer, soit 70,5%. Les voisins du New Jersey, suivent ont fait à peine mieux, avec 71,5%.

On sait que New York et le New Jersey ont des images d'États coriaces et compétitifs, alors c'est peut-être normal que leurs conducteurs aient les mêmes attributs au volant.

Aloha, mon oeil

Mais c'est le troisième pire État qui surprend: Hawaï, avec un score moyen de seulement 72%.

On penserait que les gens seraient de meilleurs conducteurs dans cet archipel dont la culture locale valorise un état d'esprit appelé Aloha, que Wikipedia décrit comme «un sens d'hospitalité et de souci d'autrui ainsi que de respect pour leur personne et personnalité, même en cas d'évènements, situations ou individus stressants».

Avec des conducteurs qui ignorent presque le tiers des règlements routiers, on comprend que c'est plus facile d'être aloha à la plage qu'au volant, même si l'auto qui vient de vous couper sans signaler a une plaque sur laquelle il est écrit «Aloha State».

Les conducteurs les plus au fait des règlements routiers sont ceux de l'Idaho et du Wisconsin, qui ont fini ex aequo en tête du classement avec une note de moyenne de 80,6%.

Un des faits saillants de l'étude est que 20,1% des conducteurs américains -soit 41 millions de détenteurs d'un permis de conduire-pourraient être non qualifiés pour la route et seraient incapables de passer un examen écrit aujourd'hui.

 

Le responsable de l'étude a indiqué qu'il est normal que des États comme New York et le New Jersey aient de mauvais scores: «Je vous jure qu'on ne fait pas exprès de taper sur New York et le New Jersey», a dit Wade Bontrager, de GMAC. «Année après année, on voit les pires scores dans les zones de circulation congestionnées. Et s'il y a un endroit où c'est congestionné, c'est New York», dit-il avec tact.

Conduire comme un pied ne veut pas dire conduire dangereusement, si tout le monde autour est aussi mauvais et s'attend à ce que vous soyez épouvantable.

La preuve? Bloomberg a comparé les scores de l'étude de GMAC avec les taux de mortalité État par État, tels que compilés par la US National Highway Traffic Safety Administration.

Le taux de mortalité de New York est de 0,97 décès par 100 millions de milles parcourus, le huitième meilleur des 50 États américains. Celui du New Jersey est de 0,95, le sixième meilleur. Celui de l'Aloha State est de 1,33, au 24e rang.

L'agence de presse Bloomberg a donné le dernier mot à Carlo Agirra, un chauffeur de camion de 31 ans du Bronx (un des quartiers de New York). Quand Bloomberg lui a fait passer le même test de 20 questions à choix multiples, M. Agirra a obtenu 95%.

«Tout le monde ici est tellement occupé à essayer de conduire jusqu'où il s'en va, mais je ne pense pas qu'on soit vraiment si mauvais que ça. Je pensais que tout le monde savait ces affaires-là, c'est le gros bon sens. Mais je suppose que c'est ça, New York.»