«Ce gars-là est aussi menteur qu'un vendeur de chars flambants neufs.» Voilà ce qu'il faudra maintenant dire dorénavant --au grand soulagement des vendeurs de voitures «usagées»-- si la plus récente tendance économique américaine traverse la frontière au Canada

LA PRESSE

Aux États-Unis, les rabais sur certaines voitures neuves sont tels que certains modèles de l'année sont moins chers que la voiture d'occasion âgée d'un an. C'est ce que conclue Edmunds.com, une firme d'analyse qui évalue les voitures d'occasion.

 

«Les ventes de véhicules neufs sont au plancher, mais le marché de l'usagé est fort», affirme le président d'Edmunds.com, Jeremy Anwyl. «Les bons usagés deviennent difficiles à trouver, ce qui dope les prix; parallèlement, les nouvelles autos sont soldées. Cela crée un événement économique rare : une neuve peut être moins chère qu'une usagée.»

Edmunds.com fait ses affirmations sur le site de la publication internet qu'elle édite, AutoObserver.com.

L'analyse d'Edmunds.com compare la «valeur marchande vraie» du prix de vente et des paiements d'intérêts typiques de chaque véhicule. Comme les «usagées» sont généralement financées à un taux plus cher que les neuves, un consommateur américain peut épargner jusqu'à 795 $ US en achetant neuf.

Avant de sauter aux mêmes conclusions pour le Canada, il faut savoir que le marché canadien de l'automobile, malgré tous ses malheurs, n'est pas autant ravagé par la crise financière que le marché américain.

 

Conséquemment, les incitatifs ne sont pas les mêmes des deux côtés de la frontière. Et il est bien connu que les constructeurs automobiles actifs au Canada et aux États-Unis font tout ce qu'ils peuvent pour rendre difficiles les comparaisons de prix transfrontalières.

Certains constructeurs automobiles offrent actuellement des intérêts réduits pour attirer les acheteurs. En appliquant les taux spéciaux américains aux véhicules neufs en vente aux États-Unis, Edmunds.com a établi que l'avantage peut atteindre 6175 $ US; ce cas extrême est celui de la BMW 650i décapotable, qui se détaille 82 000 $ là-bas.

 

Même des véhicules plus courants et abordables permettent des économies substantielles : la BMW 328i berline 2009 peut s'obtenir pour 4302 $ de moins que la version d'occasion d'un an. L'avantage pour la Honda Civic hybride 2009 est de presque 2000 $ sur la 2008 usagée. Celui de la Mazda3 neuve atteint 1456$.

Edmunds.com estime qu'environ 18 % des acheteurs se qualifient pour les taux d'intérêts réduits offerts par les constructeurs.

Même si ces données ne s'appliquent pas nécessairement au marché canadien, Edmunds.com donne le conseil suivant qui, lui, vaut son pesant d'or des deux côtés de la frontière:

«Ne sous-estimez jamais le coût des intérêts et n'oubliez jamais que si votre crédit est bon, il est possible que vous puissiez négocier le taux qu'on vous offre», dit Phil Reed, premier conseiller à la consommation chez Edmunds.com. «Magasinez toujours tous les coûts d'une auto, pas juste le prix de vente.»

 

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