Le jeudi du Grand Prix du Canada, l'auteur de ces lignes a participé aux entraînements d'arrêts aux puits avec l'écurie Spyker. Ces entraînements permettent aux mécanos de répéter le ballet de haute précision qu'ils devront exécuter durant la course.

René Fagnan COLLABORATION SPéCIALE

Le jeudi du Grand Prix du Canada, l'auteur de ces lignes a participé aux entraînements d'arrêts aux puits avec l'écurie Spyker. Ces entraînements permettent aux mécanos de répéter le ballet de haute précision qu'ils devront exécuter durant la course.

À la station-service, vous garez votre véhicule à côté de la pompe et un employé fait le plein. En F1, le pilote arrive à 80 km/h et fait face à 25 mécaniciens qui ne lui laissent que l'espace du bolide, tout juste. Diriger une monoplace de F1 avec aussi peu de dégagement est plutôt intimidant. L'immobiliser au bon endroit, presque au centimètre près, est encore plus difficile, car il est impossible, assis à bord, de voir l'avant de la voiture. On ne distingue que le haut des deux énormes pneus avant.

Une F1 consomme de l'essence sans plomb de commerce comme celle que vous achetez à la pompe. En F1, l'essence est injectée sous pression d'un gros réservoir à la voiture par un tuyau d'un diamètre de quatre pouces. Ce tuyau, rempli d'essence, pèse 70 kilos. Tandis que le débit de la pompe du garage est de 36 litres à la minute, il est de 12 litres à la seconde en F1.

Avec le système de ravitaillement de F1, on remplirait une voiture standard, dotée d'un réservoir de 55 litres, en seulement 4,6 secondes. Et à l'inverse, remplir le réservoir de 90 litres d'une F1 avec une pompe de garage prendrait deux minutes et demie au lieu de 7,5 secondes.

Si vos pneus sont finis, il vous faudra attendre au moins deux heures pour les faire changer. En F1, cela ne prend que quatre secondes. Il faut préciser que les pneus sont déjà montés sur les roues en alliage ultralégères et gonflés à la bonne pression, car un écart d'une demi-livre d'air altère la tenue de route. La pression d'air est d'environ 16 livres, alors qu'on met près de 30 livres dans les pneus de nos véhicules.

Les changements sont rapides comme l'éclair, car il y a trois mécanos par roue (un qui manipule le pistolet pneumatique, un qui enlève la roue et un autre qui installe la nouvelle). Il n'y a qu'un écrou par roue, au centre, fait en aluminium, qui ne pèse que quelques grammes.

Pendant que se fait le plein et qu'on change les pneus, on nettoie aussi la visière du casque du pilote, on vide les pontons des papiers et débris qui pourraient obstruer les radiateurs, et on effectue le petits ajustements sur les volets de l'aileron avant. Le pilote a fait le fou et brisé l'aileron avant? Pas de problème. Fixé par seulement quatre écrous, il est changé en moins de 12 secondes. Ça, c'est du service super rapide!