Me lever à 5h un dimanche matin pour une course de Nascar! Vous voulez rire? Pourtant je l'ai fait. Le soleil peine lui aussi à se lever sur l'Interstate 4 East. Les amateurs, non. Ça ne ressemble pas à l'heure de pointe, mais c'est tout juste. Aux abords de la route, des amateurs brandissent déjà à l'intention des automobilistes des panonceaux sur lesquels sont inscrits: «Need tickets» (besoin de billets). Et pour cause, l'épreuve se déroulera à guichets fermés devant plus de 200 000 amateurs.

Éric Lefrançois COLLABORATION SPéCIALE

Me lever à 5h un dimanche matin pour une course de Nascar! Vous voulez rire? Pourtant je l'ai fait. Le soleil peine lui aussi à se lever sur l'Interstate 4 East. Les amateurs, non. Ça ne ressemble pas à l'heure de pointe, mais c'est tout juste. Aux abords de la route, des amateurs brandissent déjà à l'intention des automobilistes des panonceaux sur lesquels sont inscrits: «Need tickets» (besoin de billets). Et pour cause, l'épreuve se déroulera à guichets fermés devant plus de 200 000 amateurs.

À deux kilomètres du circuit, les places de stationnement s'annoncent déjà. Dix dollars. Une occasion à saisir puisque le prix grimpe à chacune des intersections pour atteindre 70 $ au Volusia Point, un centre commercial situé à quelques pas de l'autodrome.

Le Daytona 500 est au Nascar ce que le Grand Prix de Monaco est à la Formule 1. Une épreuve mythique que tout pilote de cette discipline rêve d'ajouter à son palmarès. Ce qui frappe en pénétrant l'enceinte, c'est le gigantisme des lieux. Le complexe occupe 480 acres. L'équivalent de combien de terrains de football? Faites donc le calcul, je suis nul en maths.

À elle seule, la portion intérieure du circuit, communément appelé le infield compte 180 acres. C'est grand, ça? Assez pour y ériger les garages et pour y stationner plusieurs centaines de camions et de caravanes motorisées. On y retrouve même une chapelle.

Il est 9h, les estrades sont encore vides. La course débute à 15h20. Cela laisse donc cinq heures à Debby Robinson, relationniste du Nascar, pour enseigner au petit groupe de journalistes présents les rudiments de cette discipline. Et des questions sottes, elle en a eu, croyez-moi. Des exemples? Saviez-vous que la coupe Nextel est plus forte que la Busch? Non? Eh bien si! Les bolides de la série Busch reposent sur un empattement plus court et sont animés d'un moteur moins puissant. Et la série Crafstman, elle? Que des camionnettes.

Le Daytona 500 ouvre le bal à une saison comptant 36 épreuves. Celles-ci seront disputées sur différents types d'ovales, mais aussi sur des circuits routiers. Ces précisions sont utiles pour bien saisir le raffinement de cette série. En effet, pour disputer l'ensemble du championnat, les équipes de pointe assembleront six châssis différents dans l'année.

Pour Daytona, toutes les équipes adoptent la configuration Super Speedway. Mais pour Watkins Glen, par exemple, ce sera une autre configuration et pour Pocono aussi puisque le circuit comporte six virages plutôt que quatre. On retrouve aussi un châssis pour les pistes de 1,5 mile (Intermediate); un autre pour les moins de 1 mile (Short Track) et enfin un pour Indianapolis dont l'angle des virages est moins prononcé qu'ailleurs. On estime au total que les équipes inscrites à la coupe Nextel cette année fabriqueront plus ou moins 516 véhicules. Hallucinant! Et l'artisanat ne pouvant reproduire deux pièces identiques, il n'y aura pas deux voitures pareilles.

Pour remporter une épreuve de Nascar, il faut un pilote téméraire, mais qui possède aussi une connaissance parfaite des règlements de cette série. Et sait les interpréter à son avantage. Ici, la valeur d'un millième de seconde est encore beaucoup plus grande qu'en Formule. L'écart entre le détenteur de la position de tête et le dernier sur la grille (le 43e, ne l'oubliez pas) est inférieur à une seconde.

Bien que les Monte Carlo (Chevrolet), les Fusion (Ford), les Charger (Dodge) et les Camry (Toyota) qui disputent le championnat Nextel n'ont rien à voir avec les modèles de série (moteur V8 culbuté, transmission manuelle à 4 rapports, etc.), reste qu'elles sont des vecteurs d'image et font vendre des voitures d'où le fameux adage «Win on Sunday, sell on Monday». «C'est vrai, mais en toute honnêteté, c'est difficile à quantifier», explique Carl F. Galeana, concessionnaire Dodge au Michigan.

À quelques minutes du départ, l'ambiance est bon enfant aux abords du circuit. Les pilotes sont accessibles, souriants et incroyablement détendus. L'amateur en a pour son argent et peut, contrairement à la Formule 1 avoir accès aux coulisses, voire assister à la course dans les puits. Ce que j'ai fait. Il n'y a pas de place pour s'asseoir et 200 tours, c'est long.

Je ne vais pas vous raconter la course, seulement vous dire qu'elle fut captivante de bout en bout. Et la finale entre Kevin Harvick (le vainqueur) et Mark Martin (2e) : à couper le souffle avec un écart de 0,20 seconde. Avez-vous déjà assisté à une course aussi serrée en Formule 1?