(Berlin) L’équipementier allemand Bosch a accepté de payer une amende de 90 millions d’euros (136 millions de dollars canadiens) dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués, a annoncé jeudi le parquet de Stuttgart.

Agence France-Presse

Les magistrats ont mis en évidence des « manquements au devoir de surveillance », seule base juridique possible pour poursuivre pénalement une entreprise en Allemagne.

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Bosch a fourni son expertise et de nombreuses composantes dans l'élaboration et la fabrication des 4-cyl. (ci-haut) et 6-cyl. Volkswagen équipés d'un logiciel tricheur.

Ils reprochent à Bosch d’avoir livré à des « constructeurs allemands et étrangers » environ 17 millions de pièces de moteurs « dont le logiciel permettait pour partie » de tricher sur le niveau réel d’émissions d’oxydes d’azote. Cela a permis à Volkswagen, entre autres, de vendre des millions de voitures mues par des moteurs crachant jusqu'à 30 fois la quantité d'émissions toxiques permise par les normes environnementales.

Bosch renonce à faire appel

« L’initiative » de cette tricherie « émane de salariés des constructeurs automobiles », précisent-ils néanmoins. Le scandale avait éclaté en septembre 2015 chez le géant Volkswagen.

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Bosch a renoncé à faire appel du jugement et cultive maintenant son image verte. Ci-haut, le centre de recherches appliquées de Bosch à Renningen, dans le Sud de l'Allemagne.

Bosch indique dans un communiqué avoir « renoncé à faire appel », refermant l’un des volets judiciaires de cette affaire tentaculaire, et va « continuer à développer ses structures internes » dédiées au respect de la loi.

Le tribunal de Stuttgart avait infligé début mai une amende de 535 millions d’euros au constructeur Porsche, dans le même cadre légal, tandis que les marques VW et Audi ont écopé d’1,8 milliard d’euros d’amendes.

Bosch a par ailleurs consenti en 2017 à verser plus de 300 millions de dollars de dédommagement aux États-Unis, dans une affaire similaire concernant des équipements pour des véhicules Chysler, sans admettre sa culpabilité.

La justice allemande poursuit ses enquêtes individuelles visant des salariés du secteur automobile, dont trois cadres de Bosch soupçonnés depuis 2017 de « complicité de fraude » au profit de Volkswagen.

Plus grand équipementier automobile mondial, Bosch est un fournisseur privilégié des grands noms allemands du secteur.