La Californie, engagée dans un bras de fer environnemental avec l’administration du président Donald Trump, pourrait être le premier État américain à interdire le moteur à combustion interne.

LA PRESSE

C'est ce que rapporte l'agence de presse Bloomberg.

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L'heure de pointe matinale sur l'autoroute 101 près de Los Angeles.

La présidente du California Air Resources Board (CARB), Mary Nichols a évoqué jeudi la possibilité d’interdire les véhicules à essence et diesel sur tout le territoire de l’État le plus populeux du pays. Elle a soulevé cette hypothèse en réponse à l’intention du président Trump d’abolir les normes de pollution votées à l’époque du président Barack Obama. 

«Serrer la vis encore plus aux sources d'émissions» polluantes

«Le CARB va examiner comment nos villes peuvent obtenir l’air moins pollué et plus respirable dont elles ont désespérément besoin, et comment nous continuerons à combattre les changements climatiques», a déclaré Mme Nichols, citée par Bloomberg. «Cela pourrait signifier, par exemple, des lois plus sévères visant du carburant émettant moins de CO2, le resserrement des normes de santé publique imposées aux raffineries californiennes, serrer la vis encore plus aux sources d’émissions mobiles et stationnaires. Et ça pourrait mener à l’interdiction pure et simple du moteur à combustion interne.»

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Los Angeles lors d'un épisode de smog en 2015.

Depuis des décennies, la Californie est l’État américain comptant le plus grand nombre d’immatriculations automobiles (elles ont atteint presque 15 millions en 2017, surtout des VUS, des multisegments et des pickups). Étant confrontée à des problèmes de pollution et de smog particulièrement intenses, elle a obtenu en 1970 du gouvernement fédéral le pouvoir de fixer sa propre réglementation sur les émissions polluantes automobiles. La Maison Blanche veut lui retirer ce pouvoir et assouplir les normes nationales futures adoptées avant l’élection de Donald Trump.

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Le président Donald Trump.

La Californie, au contraire, veut maintenir les futures normes plus sévères --qu’elle a aidé à mettre en place avec le président Obama-- qui fixeraient la moyenne de consommation d’essence du nouveau parc automobile à 37 milles au gallon (6,4 L/100 km) dès 2020, puis à 47 milles au gallon (5 L/100 km) en 2025.

Le président Trump veut que la nouvelle norme reste à 37 milles au gallon après 2020.

Incapables de s’entendre sur une norme unique, les deux parties ont rompu les négociations en février dernier, laissant l’industrie automobile dans l’incertitude.