La Twizy, quadricyle 100 % électrique de Renault, a été homologuée par Transport Canada et peut maintenant être commercialisée ici, a indiqué Renault, qui compte exporter les premières Twizy canadiennes dès l'été prochain. Tel que La Presse l'avait révélé le 8 juin dernier, Renault revient au Canada par le truchement de sa filière électrique.

Denis Arcand et Sébastien Templier LA PRESSE

La Renault Twizy canadien, qui sera commercialisée sous l'appellation Twizy 40, est légèrement modifiée pour répondre aux normes canadiennes qui encadrent les véhicules (électriques à quatre roues) à basse vitesse (VBV). Sa vitesse est bridée à 40 km/h (au lieu de 45 km/h en Europe; Renault offre auss là-bas une version atteignant 80 km/h). Par ailleurs, elle portera ici des réflecteurs latéraux.

Cela étant, chez Renault, la relationniste Maya Vautier nuance : ce n'est pas à proprement parler un retour de Renault au Canada, puisque "l'importation se fait par le truchement de l'importateur Azra Canada, partenaire canadien" de Renault, qui sera responsable de la vente et du service. AZRA compte commercialiser la Twizy 40 ici dès l'été prochain.

Un deuxième modèle en route

Il n'empêche que Renault a mis des efforts appréciables dans l'affaire : un lobbyiste canadien a été engagé dès avril 2015 pour négocier avec Transport Canada l'homologation de la Twizy et d'un autre modèle électrique, la Kangoo, qui doit être lancé plus tard. Le lancement de ces deux modèles au Canada a été piloté du siège social français par Vincent Carré, alors directeur commercial des véhicules électriques du Groupe Renault.

La Twizy 40 est équipée d'un câble de charge de type 1, le plus polyvalent.

Les VBV sont une catégorie spéciale de véhicules 100 % électriques conçus pour un usage en milieu fermé ou urbain, car ils ne répondent pas aux normes de sécurité des véhicules de promenade. C'est pourquoi, au Canada, leur utilisation est limitée.

Renault avait connu du succès au Canada, particulièrement au Québec, avec ses modèles Renault 8, 10 et 16 assemblés de 1966 à 1978 à l'usine SOMA-Renault de Saint-Bruno.

Mais c'est la Renault 5 de cette époque, surnommée "Le Chameau" en raison de sa faible consommation d'essence, qui crée une certaine continuité avec les nouveaux produits que Renault veut lancer au Canada.

Plus chameau que Le Chameau

Les deux véhicules que Renault compte exporter ici ne consomment pas d'essence et fonctionnent à l'électricité.

Outre la Twizy, Renault veut aussi lancer au Canada la fourgonnette Kangoo, un autre véhicule électrique. Le constructeur français n'a pas annoncé d'autres lancements canadiens mais il est clair que son retour en Amérique du Nord, s'il se matérialise, passe par la filière électrique.

En Europe, Renault offre la Zoé, une voiture électrique qui connaît un succès d'estime (mais des ventes modestes) et d'autres modèles hybrides et tout électriques. Renault et son partenaire Nissan --créateur de la Nissan Leaf tout électrique-- ont une des meilleures expertises électriques de l'industrie automobile.

Prévoyez une petite laine...

La Twizy canadienne ne sera pas hivérisée, quoi qu'elle soit offerte en Europe avec l'option "Grand froid", mais c'est une conception du froid franco-française : il y a un dégivreur pour le pare-brise ! Ce sera utile ici dès la fin septembre.

"Nous la considérons comme un véhicule trois-saisons", dit la porte-parole Maya Vautier, qui ajoute toutefois que Renault en a vendu un certain nombre en Scandinavie.

Au total, les ventes mondiales de Renault Twizy s'élèvent à 17 000 unités, dit Mme Vautier; la grande majorité ont été vendues en Europe, mais un petit nombre a trouvé preneur en Amérique du Sud, notamment en Colombie, là où l'option Grand froid n'est pas nécessaire.

Renault a aussi demandé l'homologation canadienne de la fourgonnette électrique Kangoo. Photo: Renault.