Ils comptent parmi les nouveaux visages les plus prometteurs de cette rentrée télé. Ils nous ont émus, nous ont faire rire. Bref, on les a remarqués. Voici trois jeunes acteurs dont vous feriez bien de retenir le nom.

Publié le 24 janvier
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Anthony Therrien

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Anthony Therrien

Anthony Therrien avait à peine 11 ans lorsqu’il a invité sa mère à marcher pour parler de son avenir. « C’était une demande super officielle ; je n’étais pas dramatique du tout, lance l’acteur en riant. Mon but était de lui dire que je voulais faire de la télé et des films. On regardait tellement de films à la maison et j’adorais les ateliers de théâtre à l’école ! Comme toute bonne mère, elle a dit oui, à condition que mes notes soient bonnes. »

Les notes n’en ont pas trop souffert, car le jeune homme qui a grandi à Charlemagne a passé une bonne partie de ses études secondaires à enfiler les contrats de figuration jusqu’à ce que le cinéaste Simon Lavoie lui offre une partition parlée dans Le torrent, « un vrai film d’auteur ». On a ensuite pu le voir dans Destinées, Alerte Amber… « Mon choix de carrière s’est confirmé lorsque Mathieu Denis m’a confié le rôle-titre dans Corbo. » Après une année au cégep, il a d’ailleurs décidé de mettre ses études en veilleuse pour se lancer à temps plein dans le métier. « Et jusqu’ici, ça se passe plutôt bien. »

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Anthony Therrien et Audrey Roger dans Les bracelets rouges

C’est le moins qu’on puisse dire. Cet hiver, le jeune homme de 24 ans sera sur toutes les chaînes, ou presque. Il reprend son rôle de Ricardo dans la seconde saison de Six degrés, en plus d’incarner le fils de Mélissa Désormeaux-Poulin de la série policière Lac-Noir (présentée à partir du 3 février sur Club illico). Il est Félix, jeune homme atteint d’un grave cancer des os, dans Les bracelets rouges.

Félix me ressemble beaucoup ! C’est quelqu’un de hop la vie, qui reste très positif. C’est un gars de gang… Comme lui, j’aime beaucoup les humains, j’adore faire de nouvelles rencontres.

Anthony Therrien

« J’ai souvent joué de solides bums, notamment le gangster violent Rico Figueres dans la première saison d’Alerte Amber, dit-il. Mon Dieu que je n’ai pas ce côté délinquant ! »

Cinéphile passionné, il dit avoir forgé son imaginaire d’enfant en regardant The Lord of the Rings et Star Wars. Ses idoles sont hétéroclites : Jim Carrey et Johnny Depp, mais aussi Guy Jodoin, qui incarne le capitaine Patenaude, l’homme aux maximes boiteuses de la série Dans une galaxie près de chez vous. « Ça fait un peu groupie, mais j’aimerais un jour jouer avec lui. Sa carrière est inspirante. Dans notre métier, le défi, c’est de durer ! »

Léanne Désilets

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Léanne Désilets

Elle est capable à la fois de jouer la pétillante Doris Boulerice dans Six degrés (dont la deuxième saison est offerte sur ICI Tou. tv depuis le 20 janvier) et la glaçante Kim Gagnon dans Les bracelets rouges, présentée à TVA. Elle est aussi Marilou dans la série La vie compliquée de Léa Olivier (sur Club illico). « J’ai un intérêt pour le jeu depuis que je suis toute petite, lance l’actrice de 18 ans, originaire de Sainte-Adèle. Je faisais des films chez moi quand j’étais jeune, j’inventais des émissions pour enfants… »

À 9 ans, elle sait qu’elle veut faire de la télévision, du cinéma et demande à sa mère de l’inscrire dans une agence. « Ma mère a refusé ! Elle trouvait que j’étais trop fragile. J’étais une petite fille réservée et très sensible, ce que je suis encore ! »

PHOTO FOURNIE PAR RADIO CANADA

Léanne Désilets interprète la très intense Doris Boulerice dans la série Six degrés.

Elle poursuit : « Mes deux parents sont architectes. J’ai hérité du côté artistique de ce métier et mon frère, du côté intellectuel. J’ai finalement intégré une agence à 12 ans. Au début, j’ai fait de la figuration, des publicités, des troisièmes rôles… C’est Anne Émond qui m’a donné mon premier gros rôle dans son film Jeune Juliette. C’est une femme que j’admire beaucoup, une artiste complète. J’ai beaucoup appris en travaillant avec elle. C’est aussi grâce à elle si j’étudie depuis un an et demi en cinéma au collège Ahuntsic. »

Malgré son jeune âge, son parcours est déjà bien tracé.

J’espère pouvoir continuer à travailler tant devant que derrière la caméra. J’adore la direction photo et plus tard, je voudrais étudier la réalisation.

Léanne Désilets

« Je sais aussi que je veux faire de l’interprétation pour le restant de ma vie ! De toute façon, dans ce métier, mieux vaut avoir plusieurs cordes à son arc », ajoute-t-elle.

Dans la panoplie de personnages qu’elle a interprétés jusqu’ici, Léanne Désilets avoue avoir le côté « bubbly et enfantin » de Doris Boulerice (« mais sans être aussi rushante »). « Et comme Marilou dans La vie compliquée de Léa Olivier, je suis très fidèle en amitié. C’est une valeur très importante pour moi. »

Et Kim Gagnon, des Bracelets rouges ? « C’est le personnage le plus éloigné de ma personnalité. Elle est très dure, très froide avec les gens ; elle porte une blessure que je n’ai pas… Mais elle va révéler un autre visage au fur et à mesure des épisodes. »

Émi Chicoine

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Émi Chicoine

Émi Chicoine est vraiment tombée dans la marmite de la télévision lorsqu’elle était petite. Son père, Alain Chicoine, a réalisé et produit plusieurs fictions et émissions de variétés, dont des Bye bye et La fureur. « Plus jeune, je l’accompagnais toujours sur les plateaux. J’adorais parler à tout le monde, je grimpais avec les techniciens au milieu des fils pour regarder mon père travailler d’en haut, je posais mille questions… J’adore l’ambiance sur les plateaux. »

Lorsqu’elle apparaît pour la première fois à la télé, elle a tout juste 2 ans. « Je jouais la fille de Louis Morissette et de Véronique Cloutier dans la fausse téléréalité Les Morissette. » À 7 ans, la petite fille « un peu flyée et très garçon manqué qui jouait au hockey dans les rues de Saint-Lambert » grossi les rangs d’une agence.

PHOTO ÉVA-MAUDE TC, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Émi Chicoine incarne Maggie dans la deuxième saison de Six degrés.

Après plusieurs contrats de figuration, son premier rôle parlé s’avère pour le moins éprouvant : dans le film Embrasse-moi comme tu m’aimes d’André Forcier, elle joue une adolescente qui se fait violer par son père (interprété par Roy Dupuis.) « J’avais 12 ans. Tout le monde sur le plateau était plus stressé que moi. Pour me rassurer, on m’a gavée de bonbons et de croissants. J’ai vomi juste avant ma scène ! »

Aujourd’hui, l’actrice de 19 ans multiplie les rôles. On l’a vue récemment interpréter Camille, la gardienne voleuse d’enfant dans District 31. Elle brille semaine après semaine dans la série L’œil du cyclone (dont la deuxième saison sera sur Tou. tv le 3 février) : elle y interprète Jade, la fille aînée pas toujours commode d’Isabelle (Christine Beaulieu).

Jade me ressemble beaucoup. Comme elle, je suis assez sarcastique avec mes parents. Et j’aime tellement son style vestimentaire… Je suis repartie avec la moitié de ses costumes !

Émi Chicoine

Dans la deuxième saison de Six degrés, elle interprète aussi Maggie, une adolescente malvoyante qui se déplace avec un chien Mira. « C’est un rôle qui a exigé beaucoup de travail. J’ai eu une formation chez Mira pour établir une connexion avec le chien, qui est resté avec moi tout au long du tournage. J’ai aussi étudié plusieurs vidéos, dont le film Scent of a Woman avec Al Pacino. C’est étrange de jouer et de ne jamais regarder ses partenaires dans les yeux ! »

Si elle avoue caresser le rêve de jouer un jour aux États-Unis ou en Europe, elle souhaite aussi avoir une riche carrière au Québec. « On a tellement de bonnes séries au Québec, faites avec peu d’argent. Je voudrais aussi écrire et faire de la réalisation. Je commence d’ailleurs un DEC en cinéma au collège [André] Grasset. C’est vraiment ma place ! »