La COVID-19 a forcé le report de trois journées de tournage sur la série 5rang, bien qu'aucun cas n'ait été enregistré dans l'équipe.

Mis à jour le 22 déc. 2021
Marc-André Lemieux
Marc-André Lemieux La Presse

En temps normal, Maude Guérin et ses collègues auraient dû plier bagage mercredi, mais puisque les propriétaires du domicile où plusieurs scènes devaient être tournées ont contracté la maladie et doivent être placés en quarantaine, l’équipe reprendra le collier au retour des Fêtes, les 5, 6 et 7 janvier, dans une autre maison.

Jointe au téléphone, la productrice Joanne Forgues (Productions Casablanca) indique croiser les doigts pour être capable de mener son tournage à terme dans deux semaines, malgré la recrudescence qu’on observe partout au Québec en raison du variant Omicron.

Pour l’instant, aucun membre de l’équipe de 5rang n’a été déclaré positif, aucune éclosion n’a été recensée, mais n’empêche. La pandémie inquiète.

Il est temps que [nos tournages] finissent, parce qu’on sent le stress monter. Sur le plateau, les gens sont nerveux.

Joanne Forgues, productrice

« Chaque jour, on voit le nombre de cas augmenter, poursuit-elle. Et dans le milieu, il y en a pas mal. Chaque jour, on reçoit des courriels de gens qui l’ont. C’est sûr que c’est un peu stressant. »

Hausse du nombre de cas à Radio-Canada

La production télévisuelle 5rang n’est pas la seule à subir les contrecoups du coronavirus en cette période des Fêtes.

Du côté de Star Académie, qui revient en ondes à TVA en janvier, des personnes ayant participé aux préparatifs au Manoir Maplewood, à Waterloo, ont récemment été déclarées positives à la COVID-19, mais « rien n’indique qu’elles l’ont contractée sur leur milieu de travail », nous répond le producteur de l’émission, Jean-Philippe Dion. Et puisque toute l’équipe est en congé des Fêtes, l’échéancier n’est pas perturbé.

Un nombre croissant d’employés de Radio-Canada ont contracté la maladie au cours du dernier mois, mais pour l’instant, rien n’indique qu’il s’agit d’une augmentation émanant d’une contamination au travail.

« Nous avons surtout des employés qui doivent s’isoler parce qu’ils ont été en contact avec des cas positifs dans leur entourage personnel », précise le directeur des relations publiques du diffuseur, Marc Pichette.

Radio-Canada a d’ailleurs resserré ses mesures sanitaires cette semaine, qui comprennent le port du masque en tout temps.

Selon l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), les plateaux de tournage ont été le théâtre d’une seule éclosion depuis l’automne.

Dans un message envoyé à La Presse, la directrice des relations de travail et des affaires judiciaires de l’AQPM, Geneviève Leduc, confirme qu’au cours des trois dernières semaines, il est arrivé qu’une personne travaillant au sein d’une production obtienne un test positif à la COVID-19, mais souvent, son résultat découlait de « raisons autres que celles liées au milieu professionnel, comme un enfant ou un(e) conjoint(e) positif ».

« Dans ce cas, la production suit à la lettre les directives de l’Institut national de santé publique du Québec pour vérifier si d’autres membres de l’équipe sont ou non à risque », note Geneviève Leduc.

« Très, très sévère »

La situation fait craindre le pire dans l’industrie, qui n’a pas envie de revivre la longue pause du printemps 2020. D’ailleurs, 5rang avait été la première série de fiction à reprendre ses activités, en juin de cette année-là, après l’entrée en vigueur du Guide des normes sanitaires en milieu de travail pour l’industrie audiovisuelle, qui régit les tournages en pandémie.

Plus tôt cette année, certaines mesures ont été allégées, mais Joanne Forgues est demeurée « très, très sévère » : masque en permanence, même durant les déplacements en voiture, collation à l’extérieur, distanciation physique, etc.

Chaque fois qu’un comédien ou qu’un technicien avait des symptômes, on l’envoyait se faire tester immédiatement, et tant qu’il n’avait pas obtenu son résultat, il restait loin du plateau.

Joanne Forgues, productrice

« On s’est parfois fait critiquer. Les gens trouvaient qu’on exagérait, mais on voulait mettre toutes les chances de notre côté pour éviter une éclosion. »

« On tourne beaucoup dehors, ça nous aide, ajoute-t-elle. La plupart des séries annuelles comme 5rang sont tournées en studio, dans des endroits plus fermés. Étant donné qu’on n’a pas de studio, on tourne dans des lieux beaucoup plus aérés, et aussitôt qu’on peut faire une scène à l’extérieur, c’est ce qu’on fait. »