(Stockholm) Le géant américain du streaming Netflix est visé par une plainte en diffamation en Suède contre sa nouvelle série consacrée au principal suspect de l’assassinat du premier ministre suédois Olof Palme en 1986, a-t-on appris mardi auprès des autorités.

Agence France-Presse

Consultant au siège de la compagnie d’assurances Skandia voisine de lieux du meurtre, Stig Engström avait été désigné officiellement l’an dernier comme présumé coupable par la justice suédoise, au terme de 35 ans d’une enquête qui n’a jamais réussi à percer avec certitude le crime le plus célèbre de l’histoire suédoise.

Également connu sous le surnom de « l’homme de Skandia », ce publicitaire hostile politiquement à Olof Palme est mort en 2000 sans avoir jamais été sérieusement inquiété par les enquêteurs.

Sa mise en cause directe dans la série Netflix The Unlikely Murderer (L’improbable assassin d’Olof Palme) est un « cas de diffamation clair comme de l’eau de roche », affirme la plainte dont une copie a été transmise à l’AFP par la chancellerie de la justice, l’autorité responsable du dossier.

Le plaignant, dont l’identité est confidentielle, reproche notamment à Netflix d’avoir introduit dans son scénario des éléments « parfaitement infondés dans les faits tels qu’ils sont connus », et ne figurant pas dans le livre-enquête du journaliste Thomas Pettersson dont la série est inspirée.

Figure tutélaire de la social-démocratie et ardent défenseur du Tiers-monde, Olof Palme avait été abattu en fin de soirée sur un boulevard du centre de Stockholm en 1986, alors qu’il rentrait du cinéma avec sa femme, sans garde du corps.

Son meurtrier lui a tiré dans le dos, avant de fuir des lieux et de laisser le premier ministre agoniser sur le trottoir.

M. Engström s’était présenté comme témoin dès les débuts de l’enquête.

Dans la série Netflix, il est présenté comme ayant tiré sur M. Palme. On suit ensuite ses manœuvres pour se dédouaner du crime en s’affichant auprès des enquêteurs et des médias comme un témoin qui sortait simplement tard du travail.

Un texte à la fin de chaque épisode rappelle que l’œuvre est une fiction inspirée du livre de M. Pettersson et qu’il n’a pas été prouvé que M. Engström est le meurtrier.

Si elle remporte un franc succès, la série a fait l’objet de critiques en Suède.

L’ex-femme de M. Engström, Margareta, a qualifié d’« attaque personnelle » le fait que la série suggère qu’elle avait compris que son mari était le meurtrier.

Dans une entrevue à la télévision publique SVT, elle avait toutefois exclu de porter plainte.