La confiance règne dans l’équipe des Imposteurs, un nouveau talk-show ludique piloté par Rachid Badouri qui prendra l’antenne de Noovo cet hiver. Après avoir assisté à l’enregistrement d’une émission, on comprend pourquoi.

Marc-André Lemieux
Marc-André Lemieux La Presse

Vendredi, La Presse s’est rendue à l’ancienne usine d’électroménagers Mabe de Montréal, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, où Juste pour rire Télévision tournait la première saison des Imposteurs. Premier constat en arrivant en studio : les producteurs ont sorti l’artillerie lourde pour maximiser les chances de réussite du rendez-vous.

Côté contenant, c’est impressionnant. On parle d’un vaste plateau de 1100 m2 sur 360 degrés, neuf caméras (dont une suspendue à 15 mètres du sol) et d’un plancher en écran DEL provenant de Los Angeles. Le tout, illuminé comme un show rock au Centre Bell, gracieuseté d’un éclairage conçu par Gatien Ouellet (La voix) requérant plus de 100 projecteurs articulés.

Côté contenu, c’est également réussi. Il s’est dit tellement de choses en deux heures et plus d’enregistrement qu’on plaint la personne responsable du montage, qui devra pondre une version écourtée de 45 minutes.

Quant au concept, il n’est pas facile à résumer. En entrevue, même Rachid Badouri peine à l’expliquer. « C’est plate à dire, mais c’est vraiment comme : fallait être là », a déclaré l’animateur, joint au téléphone lundi.

Mais puisque nous étions sur place, tentons notre chance.

Vrai ou faux ?

Format développé au Québec, Les imposteurs rappelle – sur certains points – Les détecteurs de mensonges. À chaque épisode, Rachid Badouri reçoit trois artistes, avec lesquels il s’entretient en suivant des plans d’entrevue parsemés de faussetés, plans auxquels il n’avait pas accès avant d’entrer en ondes. Les invités doivent répondre aux questions de l’humoriste en faisant semblant que tout ce que l’animateur divulgue est vrai, quitte à carrément improviser des histoires pour l’empêcher de deviner quelles infos sont réelles et quelles infos sont fausses.

Rachid vous demande de raconter votre « arrestation au Mexique » ? Vous y allez à fond, même si vous n’y avez jamais mis les pieds. Rachid veut savoir comment vous avez « sauvé la vie d’une jeune fille victime d’intimidation » ? Vous vous débrouillez pour fournir les détails.

Durant l’enregistrement auquel nous avons assisté, Catherine Brunet a raconté des anecdotes abracadabrantes de voyages, dont une impliquant une soirée d’anniversaire de Naomi Campbell à Cannes, Julie Snyder a révélé que son talk-show La semaine des 4 Julie a failli s’appeler Wô Wô Wô ma p’tite Julie, en clin d’œil au vieux succès des Colocs, et Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques a relaté une virée sans queue ni tête en Lituanie, mettant en cause un mafieux dans son jacuzzi.

Ces histoires sont-elles véridiques ? Vous devrez patienter jusqu’en janvier pour l’apprendre.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Rachid Badouri

« J’ai une confiance absolue au projet, a confié Rachid Badouri. Tous les invités m’ont dit qu’ils avaient tripé. »

Le réalisateur Luc Sirois (En direct de l’univers, Chanteurs masqués) a révélé qu’il avait pleuré de rire durant l’enregistrement du pilote (qui n’atterrira malheureusement jamais en ondes). De l’avis des caméramans d’expérience sondés durant une pause, il s’agit d’un succès garanti. Et pour l’animateur de foule, c’est également un coup de circuit.

« On peut se tromper, mais j’en serais vraiment surpris », a déclaré Rachid Badouri.

« Après les premiers enregistrements, tous les techniciens sont venus nous voir pour nous dire qu’on tenait quelque chose », a ajouté la productrice Françoise Poirier, qui caresse l’espoir d’exporter le format.

Entouré de secret

Avant chaque émission des Imposteurs, Rachid Badouri ignore qui s’assoira dans l’un des trois sofas réservés aux invités. Il apprend l’identité des participants vedettes devant les caméras, en même temps que les spectateurs (masqués, mesures sanitaires obligent).

Pour s’assurer que l’humoriste n’ait aucune idée des artistes qui s’apprêtent à fouler son plateau, avant chaque enregistrement, c’est un mini-branle-bas de combat en coulisses. L’équipe le garde dans sa loge le plus longtemps possible, et pour éviter qu’il entende ses invités parler au loin, on active un bruyant ventilateur portable.

On n’a pas vraiment le choix ; les murs des loges sont faits en carton ! Je n’ai même pas le droit de sortir. Pour aller aux toilettes, je dois avoir une permission. Pour moi, qui bois deux à trois litres d’eau par jour, c’est dangereux. J’ai failli faire dans mes pantalons !

Rachid Badouri

Retour à l’animation

Les imposteurs marquera le retour de Rachid Badouri aux commandes d’un rendez-vous télévisuel, 12 ans après avoir animé Peut contenir des Rachid, une émission de type caméra cachée diffusée à TVA.

Cette première expérience a beaucoup fait grandir l’humoriste.

« En début de carrière j’avais un peu la grosse tête. Quand je vivais de l’anxiété, je pouvais péter des coches. Dieu merci, j’ai appris à mieux gérer mes émotions. Aujourd’hui, je sais qu’avec l’effet domino, comme animateur, tu peux partir une tempête assez facilement. Un nouveau projet comme Les imposteurs, ça aurait pu virer au vinaigre rapidement si j’avais commencé à paniquer au moindre petit incident. La clé, c’est de rester calme. Et ça s’est super bien passé. Je m’étais donné le défi d’avoir une attitude irréprochable, et selon moi, j’ai réussi. »

La première saison des Imposteurs, qui comprend 13 émissions, sera présentée sur Noovo dès janvier.